Slovaquie

Slovaquie

Une onde de choc politique

L’assassinat en février 2018 de Ján Kuciak, un journaliste d’investigation slovaque de 27 ans et de sa compagne, ont provoqué une onde de choc internationale et un séisme politique sans précédent. Au moment de sa mort, le reporter effectuait pour le site internet Aktuality.sk, des recherches sur des liens supposés entre le parti au pouvoir et la mafia italienne détournant, selon lui, des subventions européennes. Un article inachevé et publié post mortem a révélé que le parti Smer-SD - parti de gauche populiste - et son leader ainsi que le chef de l'exécutif Robert Fico, étaient mis en cause dans ces accusations. Après les ministres de la Culture et de l’Intérieur et sous la pression de la rue, le Premier ministre Robert Fico a dû présenter sa démission. Robert Fico était coutumier – comme d’autres politiciens slovaques – des attaques virulentes contre les médias. En 2016, il s’était notamment illustré en traitant des reporters de “sales prostituées anti-slovaques”, les accusant de nuire à la présidence slovaque de l’Union européenne alors qu’ils menaient une enquête sur les marchés publics liés à la présidence. En effet, en l’absence d’institution solide pour les protéger, les journalistes sont exposés à toutes sortes d’intimidations et de pressions. et sont de plus en plus malmenés. Le meurtre de Kuciak a fait resurgir les interrogations sur la disparition inexpliquée de deux reporters slovaques en 2008 et 2015 et a reposé la question de la sécurité des journalistes dans le pays. Depuis quelques années, des médias slovaques détenus par des grands groupes médiatiques internationaux tombent dans les mains d’oligarques locaux dont l’activité principale n’est pas le journalisme. L’indépendance de la RTVS, la radio et télévision publique , devenue depuis quelques années un emblème de droiture journalistique, est elle aussi menacée.Son nouveau directeur général, lié à un parti de la coalition au pouvoir, en poste depuis août 2017, a décidé de suspendre la seule émission d’investigation télévisée du pays après des critiques du parti politique en question. Alors que la loi sur la presse a instauré en 2007 le droit à la réponse pour de responsables politiques touchés par la couverture médiatique, le parlement slovaque a limité ce droit par un amendement en 2011. Néanmoins, le code pénal slovaque comporte toujours une peine allant jusqu’à huit ans de prison pour diffamation. Sur cette base légale, les politiques slovaques continuent à porter plaintes contre les journalistes individuels et les médias.

27
au Classement mondial de la liberté de la presse 2018

Classement

-10

17 en 2017

Score global

+4,75

15,51 en 2017

  • 1
    journalistes tués en 2018
  • 0
    journalistes citoyens tués en 2018
  • 0
    collaborateurs tués en 2018
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