Asie - Pacifique
Bangladesh
-
Classement 2022
162/180
Score : 36,63
Indicateur politique
140
42.12
Indicateur économique
138
32.48
Indicateur législatif
148
44.15
Indicateur social
149
48.50
Indicateur sécuritaire
172
15.88
Classement 2021
152/180
Score : 50,29
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Plus d’un cinquième des 168 millions de Bangladais vivent en dessous du seuil de pauvreté et ont peu d’accès à la presse traditionnelle. Internet joue un rôle grandissant dans la diffusion et les échanges d’informations.  

Paysage médiatique

Les deux grands médias d’État, la Bangladesh Television (BTV) et la radio Bangladesh Betar, fonctionnent comme des organes de propagande du gouvernement. Le secteur privé est très riche, avec 3 000 organes de presse écrite quotidienne ou périodique, 30 radios, 30 réseaux télévisés et plusieurs centaines de portails d’information. Dans ce paysage, les deux chaînes “tout info” Somoy TV et Ekattor TV sont très regardées. Les deux grands quotidiens du pays, le bangalophone Prothom Alo et l’anglophone The Daily Star, parviennent à maintenir une certaine indépendance éditoriale.  

Contexte politique

Depuis l'indépendance du pays en 1971, les gouvernements considèrent la presse comme un outil de communication. Celui de la Première ministre Sheikh Hasina, au pouvoir depuis 2009, ne fait pas exception. Les militants de son parti, la Ligue Awami, lancent régulièrement de violentes attaques physiques ciblées contre certains journalistes qui leur déplaisent, alors que des campagnes de harcèlement judiciaire sont menées pour réduire certains de leurs confrères au silence, lorsqu’elles ne conduisent pas à la fermeture d’un média. Dans ces conditions, les rédactions évitent soigneusement de contester toute affirmation provenant du gouvernement.

Cadre légal

La loi sur la sécurité numérique (Digital Security Act, DSA) est l’un des textes les plus sévères au monde contre les journalistes : il permet des perquisitions et des arrestations sans le moindre mandat, la violation du secret des sources pour des motifs arbitraires et des peines de 14 ans de prison pour tout journaliste qui publierait des informations assimilées à de la “propagande contre le père de la nation”, à savoir le père de l’actuelle Première ministre. Dans ce contexte, les directions des rédactions ont largement recours à l’autocensure.

Contexte économique

La presse privée est extrêmement concentrée dans les mains d’une poignée d'industriels qui ont émergé à la faveur du boom économique que traverse le Bangladesh. Les propriétaires des médias les considèrent comme des outils d’influence et privilégient la rentabilité, au point de préférer leur bonnes relations avec le gouvernement à la garantie de l’indépendance éditoriale. Ainsi, ce sont bien souvent des représentants du gouvernement qui décident quels seront les intervenants des “talks-shows” du soir sur les chaînes de télévision privées.  

Contexte socioculturel

Bien que laïc selon sa Constitution, le Bangladesh reconnaît l’islam comme religion d'État. Cette ambiguïté se retrouve dans la presse, où tout ce qui touche aux questions religieuses est tabou. Les médias grand public n'abordent jamais la question des minorités religieuses, qui représentent pourtant dix millions d’individus. Dans la décénnie passée, des groupes se revandiquant d’un islam radical ont lancé des campagnes extrêmement violentes ayant conduit à des assassinats de journalistes. Ces mêmes groupes utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux afin de traquer tout propos journalistique sur le sécularisme, le pluralisme de vues ou la liberté de religion. 

Sécurité

Violences policières, attaques par des militants politiques, assassinats orchestrés par des milieux jihadistes ou des réseaux mafieux… Les journalistes bangladais sont d’autant plus exposés aux agressions que ces crimes restent impunis. Le recours à la DSA permet de maintenir certains journalistes et blogueurs en prison, dans des conditions extrêmement difficiles. Enfin, au sein d’une profession encore essentiellement masculine, les femmes journalistes doivent composer avec une culture du harcèlement persistante et sont l’objet de campagnes de haine en ligne lorsqu’elles tentent de défendre publiquement leurs droits.