Classement 2022
103/180
Score : 56,41
Indicateur politique
113
50.55
Indicateur économique
154
29.39
Indicateur législatif
75
68.77
Indicateur social
98
66.60
Indicateur sécuritaire
90
66.75
Classement 2021
83/180
Score : 69,41
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

En Albanie, l’indépendance éditoriale des médias est menacée par une réglementation partisane. Les journalistes sont victimes du crime organisé et, parfois, de violences policières, encouragées par les manquements de l’État à assurer leur protection. 

Paysage médiatique

Les médias albanais les plus influents sont aux mains d’une poignée d’entreprises liées au monde politique, tout en évoluant dans des secteurs strictement réglementés comme la construction. Alors qu’il existe des centaines de médias en ligne dans le pays, seule une minorité repose sur un modèle économique durable et un financement transparent. Les principaux médias comprennent les chaînes RTSH, Top Channel, Klan et RTV Ora.

Contexte politique

Les journalistes subissent des pressions politiques qui, en 2021, ont été exacerbées par la volonté de contrôler l’information durant les élections parlementaires et la pandémie. La classe politique menace l’indépendance des rédactions à travers les instances de régulation des médias, fortement politisée, et la nomination des responsables de médias publics. Alors que les journalistes critiques essuient régulièrement des attaques visant à les discréditer, il leur est difficile d’accéder aux informations d’ordre public, dont l’accès risque d’être encore plus restreint par la récente centralisation de la communication gouvernementale.

Cadre légal

Bien que la Constitution de l’Albanie et ses engagements juridiques internationaux garantissent la liberté de la presse, la protection de la confidentialité des sources reste insuffisante. De plus, le soi-disant bouquet anti-diffamation, qui donnerait à l’État un pouvoir disproportionné sur les contenus des médias en ligne et accentuerait l’autocensure, n’a toujours pas été clairement supprimé de l’ordre du jour, même si sa version initiale a été critiquée par le Conseil de l’Europe, l’Union européenne – que l’Albanie voudrait rejoindre – et les organisations internationales de défense de la liberté de la presse.

Contexte économique

Une importante partie du marché des médias albanais est concentrée dans les mains de quatre ou cinq entreprises. Le financement public représente une grande part des revenus des médias, mais sa distribution opaque et discriminatoire soulève des soupçons de trafic d’influence.

Contexte socioculturel

Les professionnels des médias enquêtant sur le crime et la corruption sont particulièrement visés par des menaces. Les femmes journalistes, qui constituent la majorité de la profession, sont confrontées au harcèlement en ligne et parfois à des cas de discrimination de genre au sein des rédactions, dont il convient pourtant de saluer les progrès en la matière. L’autocensure est courante, mais en dépit de cette menace, des organes médiatiques ont créé une plateforme pour une autorégulation en termes d’éthique, une première en Albanie.

Sécurité

Le crime organisé ne représente pas la seule menace pour l’intégrité physique des journalistes. L’impunité des attaques commises à leur encontre, associée aux tentatives politiques de les discréditer, génère un climat de violence susceptible d’encourager de nouvelles agressions contre des professionnels des médias. En 2021, des reporters couvrant des manifestations et des opérations menées par les forces de l’ordre ont subi divers actes de violence policière.