Classement 2022
23/180
Score : 78.86
Indicateur politique
30
75.03
Indicateur économique
15
71.22
Indicateur législatif
37
79.30
Indicateur social
24
87.40
Indicateur sécuritaire
43
81.35
Classement 2021
11/180
Score : 88.31
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

En dépit d’un degré de confiance relativement élevé envers la presse, les journalistes belges subissent des violences de la part de la police et des manifestants lors de rassemblements, ainsi que des menaces en ligne fréquentes ciblant surtout les femmes. Le secteur des médias semble échapper aux pressions politiques et il est protégé par un cadre législatif efficace, dont certaines mesures sont malgré tout controversées.

Paysage médiatique

La Belgique, composée de la Wallonie francophone et de la Flandre flamande, compte deux marchés médiatiques bien distincts et de petite taille, qui ne se concurrencent donc que peu. Un petit nombre d’entreprises détenues par une poignée de grandes familles ayant des intérêts économiques divers domine la presse écrite quotidienne. L’État belge administre les grandes radios-télévisions régionales RTBF et VRT par le biais de leurs conseils, où siègent les représentants des quatre principaux partis - socialiste, libéral, chrétien et vert.

Contexte politique

Bien que les partis tentent d’exercer une influence au sein des rédactions de RTBF et VRT, l’audiovisuel public est en principe préservé des pressions politiques. Un Conseil supérieur audiovisuel de Bruxelles-Wallonie, représentatif des diverses tendances idéologiques, s’assure ainsi de la pluralité des courants d’expression. Alors que les menaces contre les journalistes ne font pas toujours l’objet de condamnations par le gouvernement, ce dernier a annoncé la mise en place de groupes d'experts à la suite de la diffusion massive de contre-vérités par le mouvement anti-vaccin. 

Cadre légal

Bien qu’il n’y ait pas, en Belgique, de grande loi sur la presse, celle-ci peut se prévaloir de solides garanties législatives et constitutionnelles. Le secret des sources est garanti par la loi fédérale depuis 2005, et un conseil de déontologie national s’impose comme un outil d’autorégulation efficace pour les rédactions. En revanche, la diffamation est toujours criminalisée en vertu du droit belge, faisant du journaliste le seul responsable face à la justice en cas de procès. En janvier 2019, une circulaire comportant une clause permettant à un magistrat d’effacer ou d’interdire de diffusion des reportages sans avoir à en justifier la raison a suscité une vive controverse dans les milieux journalistiques.

Contexte économique

Les médias belges ont été fragilisés par une forte baisse des recettes publicitaires, majoritairement captées par les plateformes, et plus récemment par les effets économiques de la pandémie de Covid-19. Ces pertes ont été partiellement amorties par la hausse du nombre d’abonnements. Une récente affaire a posé la question de la perméabilité de la presse aux pressions économiques : en 2018, deux reporters du journal wallon L'Avenir ont ainsi été licenciés après avoir couvert le scandale financier du groupe Nethys, alors principal actionnaire du média. 

Contexte socioculturel

La presse belge bénéficie globalement d’un bon niveau de confiance, notamment en Flandre. Pour autant, la pandémie de Covid-19 a mis en lumière le problème de la désinformation, ainsi que de nombreuses critiques envers des médias flamands, accusés de couvrir la crise sous un angle favorable au gouvernement. Pour répondre à cette défiance croissante, la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté, au début de l’année 2022, un plan d’éducation aux médias pour développer l’esprit critique des élèves et étudiants de la région. 

Sécurité

Les journalistes couvrant les manifestations contre les mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ont fait l’objet d’intimidations et de menaces de la part des manifestants, et ils sont de plus en plus gagnés par un sentiment d’insécurité en raison des cas de violences policières et des fréquentes menaces en ligne à caractère raciste ou sexiste dont ils sont l’objet. Un tel climat a conduit un certain nombre d’entre eux à renoncer à couvrir certains événements jugés trop risqués, voire à abandonner leurs activités.