Classement 2022
76/180
Score : 62.67
Indicateur politique
75
59.80
Indicateur économique
102
40.14
Indicateur législatif
89
66.08
Indicateur social
59
77.33
Indicateur sécuritaire
83
69.99
Classement 2021
106/180
Score : 65.38
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Après de violents soubresauts qui ont mis fin à 240 ans de monarchie, l’avènement de la république démocratique et fédérale du Népal, en 2008, a marqué une nouvelle étape pour la liberté de la presse dans cette enclave himalayenne de 30 millions d'habitants.

Paysage médiatique

Le paysage médiatique est foisonnant : 4 800 publications, 880 radios, 160 chaînes de télévision et plus de 3 100 portails d’information en ligne… Le gouvernement du Népal est l’un des plus gros propriétaires de médias. Il exerce un contrôle direct en nommant les membres des directions des rédactions, comme c’est le cas avec le quotidien bilingue Gorkhapatra (Rising Nepal), fondé dès 1901. Le principal acteur du secteur privé est le Kantipur Media Group (KMG), un conglomérat dont les activités vont bien au-delà de la sphère médiatique. Sa position dominante est contestée en ligne avec le développement de sites d’information innovants comme onlinekhabar.com, ratopati.com ou setopati.com.

Contexte politique

Depuis l’avènement de la république, le climat politique dans lequel évoluent les journalistes s’est progressivement adouci - du moins en apparence, car la société népalaise reste extrêmement politisée, et chaque parti politique majeur trouve un relais à travers un syndicat ou une organisation de journalistes. Il en ressort naturellement des conflits d’intérêt, d’autant plus forts dans les médias locaux, où rédacteurs et propriétaires sont souvent eux-mêmes militants d’un parti.

Cadre légal

La république du Népal est l’un des rares pays au monde à proclamer une “totale liberté de la presse” dès le préambule de sa Constitution. Cette disposition se décline en plusieurs garanties fondamentales, comme la liberté d’opinion et d’expression, l’accès public à l'information ou le droit à la vie privée. Des chantiers juridiques sont encore à mener, comme des projets de lois relatifs à la création d’un conseil des médias indépendant du gouvernement ou sur l'autonomisation éditoriale des médias de service public. À l’inverse, plusieurs dispositions du code pénal adopté en août 2018 entravent le journalisme d'investigation et restreignent la critique de personnalités publiques. Ce cadre juridique en construction peut se nourrir d'initiatives proactives de certaines provinces, comme celles de Bagmati ou de Madhesh, en pointe sur les problématiques de protection des journalistes. 

Contexte économique

Les organes de presse sont tenus de rémunérer leurs journalistes à un salaire minimum fixé selon les termes de la  loi sur l’emploi des journalistes. Mais dans les faits, ceux-ci sont très rarement payés selon cette grille, ce qui précarise la profession et grève leur indépendance et le respect de la déontologie, le recours aux dessous-de-table d’intérêts privés pour obtenir une couverture journalistique favorable étant monnaie courante. Les autorités publiques assurent une partie de la viabilité financière des médias en leur octroyant des contrats d’annonces légales, mais ce système tend, là aussi, à favoriser des biais éditoriaux, puisque le gouvernement privilégie les investissements publicitaires dans des médias plutôt favorables à sa ligne. 

Contexte socioculturel

Depuis la fin de la guerre civile en 2006, la liberté de la presse au Népal bénéficie d’un substrat socio-culturel traditionnellement favorable au débat. Certains segments de la société sont toutefois clairement sous-représentés, et la profession peine à refléter la diversité sociale. Seuls 15 % des journalistes népalais sont des femmes. De même, la profession reste hors de portée des franges les plus défavorisées de la société, une tendance renforcée par la persistance de vieux schémas de castes issus de la tradition hindouiste. Ces phénomènes se déclinent dans les contenus proposés par les grands médias du pays, qui tendent à négliger les problématiques liées aux populations marginalisées, notamment dans les zones rurales et/ou reculées.  

Sécurité

L’action des forces de sécurité et les activités de certains groupes rebelles sont particulièrement sensibles et, faute de formations à la sécurité adéquates, beaucoup de journalistes renoncent à couvrir ces problématiques. Des mécanismes de protection existent, soutenus notamment par le Conseil de la presse et la Commission nationale des droits humains. Ils sont toutefois peu à même d’offrir des solutions d’urgence pour les professionnels des médias en danger. Les cas de surveillance, de menaces et d’intimidations sont légion, ce qui poussent beaucoup de journalistes à l'autocensure. Des pressions plus insidieuses peuvent aussi convaincre certains reporters de ne pas aborder des questions sensibles, notamment par peur d’être discrédités.