Classement 2022
24/180
Score : 78.71
Indicateur politique
18
80.57
Indicateur économique
12
72.75
Indicateur législatif
48
76.63
Indicateur social
32
84.29
Indicateur sécuritaire
49
79.33
Classement 2021
33/180
Score : 78.41
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

D’inquiétantes propositions de loi gouvernementales, d’importantes restrictions à la liberté d’information, la détention prolongée de Julian Assange et la menace sur la sécurité des journalistes en Irlande du Nord ont impacté le bilan du Royaume-Uni en matière de liberté de la presse.

Paysage médiatique

Le paysage médiatique britannique continue de voir son pluralisme menacé. Trois entreprises - News UK, Daily Mail Group et Reach - dominaient le marché national des quotidiens, concentrant le pouvoir et l’influence en très peu de mains. La question du financement de la BBC a été fortement politisée par l’annonce gouvernementale d’une interruption de deux ans de la redevance à partir de début 2022.

Contexte politique

Un climat politique préoccupant continue de se répercuter sur la liberté de la presse au Royaume-Uni, avec notamment le retour d’une proposition inquiétante de réformes des lois sur les secrets officiels qui pourraient voir les journalistes emprisonnés pour “espionnage”. Ceux-ci sont l’objet d’importantes restrictions en termes de liberté d’information, des rapports faisant état de l’existence d’un centre gouvernemental opaque de traitement des demandes d’accès à l’information. Des allégations de tentatives d’ingérence gouvernementale ont entouré l’échec de la nomination de Paul Dacre à la tête de l’Ofcom, l’autorité de régulation des communications.

Cadre légal

Le fondateur de Wikileaks Julian Assange reste détenu à la prison de Belmarsh, alors que la demande d’extradition du gouvernement américain afin de le poursuivre pour avoir publié des informations d’intérêt public court toujours, ce qui a impacté le bilan des deux pays en matière de liberté de la presse. La multiplication des procédures-bâillons (Strategic Lawsuits Against Public Participation, ou SLAPPs) a contribué à faire de Londres la « capitale mondiale de la diffamation », les journalistes anglais et internationaux étant contraints de défendre leurs enquêtes devant les tribunaux britanniques.

Contexte économique

Les coupes budgétaires au sein des rédactions et les restrictions financières provoquées par la pandémie ont contraint de nombreux médias à mettre la clé sous la porte ou à réduire considérablement leurs équipes. Le coût et la menace d’une poursuite pour diffamation ont empêché plus d’un média ou journaliste indépendant de mener des enquêtes sur certains sujets et les forcent à recourir au financement participatif pour bénéficier d’un conseil juridique.

Contexte socioculturel

Les journalistes couvrant les organisations criminelles et les activités paramilitaires s’exposent toujours à de grands risques en Irlande du Nord, où les divisions se sont creusées depuis l’Accord de Belfast, en 1998. Les violents soulèvements qui ont secoué la région en 2021 constituaient un danger pour les journalistes traitant des événements. L’impunité durable pour l’assassinat du journaliste du Sunday World Martin O’Hagan par les Forces loyalistes volontaires, en 2001, semble s’installer.

Sécurité

La sécurité des journalistes en Irlande du Nord est toujours source d’inquiétude, ceux-ci continuant d’être la cible de menaces lorsqu’ils couvrent le crime organisé ou les activités paramilitaires. Les professionnels concernés ont souvent pointé du doigt la réaction insuffisante des forces de l’ordre. Aucun responsable ou exécutant n’a, à ce jour, comparu devant la justice pour l’assassinat de Lyra McKee à Derry, en avril 2019 – même si de nouvelles arrestations ont eu lieu en 2021. La publication, en mars 2021, d’un Plan d’action national pour la sécurité des journalistes a été saluée.