Classement 2022
134/180
Score : 45.53
Indicateur politique
143
41.21
Indicateur économique
139
32.40
Indicateur législatif
127
54.17
Indicateur social
131
55.88
Indicateur sécuritaire
130
44.02
Classement 2021
146/180
Score : 52.74
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

En Algérie, la liberté de la presse est confrontée à de nombreuses lignes rouges. Le simple fait d’évoquer la corruption et la répression des manifestations peut valoir aux journalistes menaces et interpellations.

Paysage médiatique

Le paysage médiatique en Algérie n’a jamais été aussi détérioré : les médias indépendants sont sous pression, les journalistes sont régulièrement emprisonnés ou poursuivis, et plusieurs sites internet sont bloqués. Les médias les plus importants sont les chaînes de télévision privées comme Ennahar TV, Echorouk TV et El Bilad TV, alors que les médias considérés comme les plus sérieux et crédibles sont le quotidien El Watan pour la presse écrite, et TSA et Interlignes pour la presse en ligne. 

Contexte politique

Le climat politique est très tendu, notamment depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune, en décembre 2019. Médias et journalistes subissent de nombreuses pressions, dont la majorité sont exercées par la présidence de la République, les partis politiques, les services de sécurité et les autorités locales. Il est très difficile pour les reporters d’effectuer leur travail de manière libre et indépendante alors que le pouvoir politique a une influence directe sur la nomination et le licenciement des responsables des médias et des autorités de régulation.

Cadre légal

Le cadre législatif est de plus en plus contraignant. Si l‘article 54 de la Constitution garantit la liberté de la presse, il encadre également la diffusion d’informations et d’opinions qui doivent respecter “les constantes et les valeurs religieuses et culturelles de la nation”, menaçant ainsi la liberté des journalistes.  Une réforme du code pénal, adoptée en 2020, criminalise de un à trois ans de prison la diffusion de “fausses nouvelles” et de “discours haineux” visant à porter atteinte “à l’ordre et à la sécurité nationale” ainsi qu’”à la sûreté de l’État et à l’unité nationale”. Ces textes sont régulièrement utilisés pour poursuivre et condamner les journalistes. Dans ce contexte, la censure et l’autocensure sont largement répandues.

Contexte économique

Le secteur privé souffre depuis 2019, et plusieurs médias et chaînes de télévision ont dû fermer, notamment car les organes de presse sont privés de publicité. Par ailleurs, les subventions d’État ne sont octroyées qu’aux médias publics ou aux médias privés proches du régime. 

Contexte socioculturel

L’environnement social et culturel des journalistes diffère du nord au sud. Dans les villes de l’intérieur du pays, les associations locales, le préfet et les groupes religieux ont un pouvoir important et imposent la censure aux journalistes. Le conservatisme social et religieux ont également un poids certain, et les reporters ne peuvent pas aborder les sujets liés à la sexualité ou à la religion.

Sécurité

Les menaces et intimidations auxquelles sont confrontés les journalistes sont en constante augmentation, et il n’existe aucun mécanisme de protection. Les reporters critiques des autorités peuvent subir des détentions arbitraires, font l’objet d’une surveillance et sont placés sur écoute. Les journalistes indépendants ou proches du Hirak, le mouvement de contestation populaire lancé en février 2019, peuvent être la cible de menaces en ligne et de campagnes de haine lancées par des “mouches électroniques” (“doubab”), des comptes anonymes proches du pouvoir.