Asie - Pacifique
Timor oriental
-
Classement 2022
17/180
Score : 81,89
Indicateur politique
14
85.45
Indicateur économique
20
68.71
Indicateur législatif
11
85.96
Indicateur social
65
75.67
Indicateur sécuritaire
5
93.65
Classement 2021
71/180
Score : 70,89
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Dans la jeune démocratie qu’est le Timor oriental, aucun journaliste n'a été emprisonné pour son travail. Mais la loi sur les médias, adoptée en 2014, pèse telle une épée de Damoclès sur les journalistes et les pousse à l'autocensure.

Paysage médiatique

Cette ancienne colonie portugaise, envahie par l'Indonésie en 1975, a obtenu son indépendance à la suite d’un référendum d’autodétermination en 1999. Aujourd’hui, avec de nombreuses publications en langue tetum, en portugais ou en même anglais, comme l'hebdomadaire de référence Tempo Semanal ou les quotidiens Suara Timor Lorosae ou Independente,​ les médias du pays sont parmi les plus libres de la région. Le principal diffuseur audiovisuel est la Radio Televisaun Timor Leste. Le Conseil de la presse et l'association des journalistes du pays organisent des formations et disposent de leur propre organisme de vérification des faits, encadré notamment par le Programme des Nations unies pour le développement.

Contexte politique

Le pouvoir exécutif se décline dans une dyarchie président/Premier ministre qui, au fil de la courte histoire du Timor indépendant, a permis de limiter les atteintes contre la liberté de la presse. Cette dernière est toutefois considérée par le personnel politique avec une certaine méfiance, comme en témoignent plusieurs projets de loi hostiles à la liberté des médias, dont celui présenté en 2020 visant à faire de la diffamation contre des représentants de l’État ou de l’Église catholique un crime passible de trois ans de prison.

Cadre légal

La liberté de la presse et d'expression est protégée par les articles 40 et 41 de la Constitution. Bien que le code pénal de 2009 ait dépénalisé la diffamation, le détournement de l'article 285, qui couvre la “dénonciation calomnieuse”, menace toujours les journalistes dans les cas de différends impliquant les médias. L'instauration d'un Conseil de la presse, en 2015, a vocation à permettre une résolution pacifique des litiges liés au journalisme, même si le processus d'élection de ses membres manque encore de transparence. 

Contexte économique

Selon la loi, les médias timorais sont tenus d’être transparents sur leur propriétaire, et ne doivent pas être détenus à plus de 30 % par des fonds étrangers. En dehors de Dili, la capitale, les tirages papier sont très faibles, notamment en raison du prix élevé des journaux par rapport au faible pouvoir d'achat des consommateurs, à l'analphabétisme et au manque de distribution à travers le pays. Par ailleurs, des difficultés techniques et le manque d’accès à internet limitent la portée de nombreux médias audiovisuels dans les zones rurales, laissant certains habitants sans accès à aucun média. Dans ce contexte, la radio joue un rôle fondamental.

Contexte socioculturel

Une culture de la déférence et du respect de la hiérarchie continue d'imprégner le journalisme, au point que certains rédacteurs se contentent de reproduire les comptes-rendus de conférences de presse. Il subsiste des cas où les journalistes sont même rémunérés pour assister à ces conférences. Le poids de l’Église catholique, suivie par plus de 95 % de la population, peut décourager les journalistes de couvrir certains sujets sensibles, comme l’émancipation des femmes, le droit à l’avortement ou la pédophilie dans le clergé.

Sécurité

Les journalistes sont généralement en mesure de couvrir l'actualité librement et sont rarement victimes de harcèlement ou d'agression. Ils n’en demeurent pas moins confrontés à un large éventail de pressions qui les empêchent d'exercer librement leur profession : poursuites judiciaires et intimidations, violences policières ou dénigrement public des médias par les responsables politiques.