Classement 2022
61/180
Score : 67.00
Indicateur politique
60
64.34
Indicateur économique
77
45.24
Indicateur législatif
31
80.85
Indicateur social
70
74.33
Indicateur sécuritaire
81
70.26
Classement 2021
78/180
Score : 69.68
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Alors que le marché médiatique kosovar est diversifié, son développement est limité par sa taille réduite et les divisions ethniques. L’indépendance des médias est menacée par une faible régulation et la répartition partisane des fonds publics. 

Paysage médiatique

Bien que le Kosovo soit un petit pays et en dépit de ses divisions ethniques, il bénéficie d’un paysage médiatique pluraliste et dynamique. Le secteur télévisuel – marqué par une forte concentration – est dominé par des chaînes privées basées à Pristina, mais le radiodiffuseur RTK joue un rôle important. De nouveaux portails en ligne comprennent des titres forts comme BIRN ou Kosovo 2.0 – ce dernier étant l’un des rares médias à publier à la fois en albanais et en serbe.

Contexte politique

Même si les médias parviennent à demander des comptes aux politiciens, les journalistes restent la cible d’attaques politiques. Le régulateur des médias, IMC, s’est montré inefficace et a récemment été impliqué dans une affaire de corruption. Bien que le conseil d’administration du radiodiffuseur public RTK - élu directement par le Parlement, tout comme celui de l’IMC - soit vulnérable aux influences politiques, le processus de sélection de ses membres a été jugé transparent par des organisations défendant la liberté de la presse à la fin 2021. Les médias serbophones déplorent un accès discriminatoire à l’information publique, en particulier dans la langue de la minorité constitutionnelle.

Cadre légal

La liberté d’expression, la protection des sources et le droit à l’information sont garantis juridiquement, tandis que la diffamation et la calomnie sont dépénalisées. Récemment toutefois, de plus en plus de journalistes ont été la cible de procédures-bâillons (SLAPPs) initiées par des groupes commerciaux et des politiciens. Dans la pratique, la loi sur les droits d'auteur n'est pas respectée. Enfin, l’accès à l’information publique s'est amélioré en juin 2021 lorsque l'Agence pour l'information et la protection de la vie privée est devenue fonctionnelle en se dotant pour la première fois d’un Commissaire.

Contexte économique

Dans l’ensemble, les médias dépendent de la publicité d’État ou des partis politiques, distribuée dans un cas comme dans l’autre de manière opaque et partisane. En outre, à travers leurs propriétaires, les rédactions des médias privés sont exposées à l’ingérence de puissants groupes politiques ou commerciaux. Les médias serbophones font face au défi supplémentaire d’un marché restreint, où certains titres reposent sur le financement de la Serbie voisine. Quant aux médias indépendants, ils ne survivraient pas sans fonds internationaux.

Contexte socioculturel

Bien que la profession bénéficie de la confiance de la société, les médias indépendants et les journalistes d’investigation sont souvent la cible d’insultes et de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux en étant injustement accusés de « collaborer avec l’ennemi » - une rhétorique utilisée aussi bien par des groupes politiques que religieux.

Sécurité

Alors qu’aucun journaliste n’a été tué depuis 2005, les assassinats et les disparitions ayant eu lieu avant et pendant la guerre au Kosovo (1998-2005) sont restés impunis. Les journalistes enquêtant sur le trafic de drogue ou la pollution environnementale ont été exposés à des agressions physiques et vu leur travail entravé par des réseaux criminels. Bien que les attaques donnent lieu à des poursuites par la police et le parquet, celles-ci aboutissent rarement sur le plan judiciaire. La couverture médiatique d’événements politiques a entraîné une augmentation du nombre de journalistes menacés sur les réseaux sociaux. Les journalistes serbophones sont intimidés par le parti au pouvoir au Nord du Kosovo.