Classement 2022
174/180
Score : 26.11
Indicateur politique
173
32.32
Indicateur économique
176
18.71
Indicateur législatif
172
27.49
Indicateur social
170
34.67
Indicateur sécuritaire
170
17.37
Classement 2021
175/180
Score : 21.54
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Le paysage médiatique traditionnel vietnamien est contrôlé de près par le parti unique. Reporters indépendants et blogueurs sont régulièrement emprisonnés, faisant du Vietnam la troisième prison au monde pour les journalistes.

Paysage médiatique

Blogueurs et journalistes indépendants sont les seules sources d’information libre dans un pays où la presse est entièrement aux ordres du Parti communiste du Vietnam (PCV), au pouvoir depuis 1975. Outil majeur d’information, Facebook est la plateforme en ligne la plus populaire, avec 64 millions d’utilisateurs - le septième plus grand nombre d’usagers au monde. L’application de messagerie Zalo, typiquement vietnamienne, est également massivement utilisée pour échanger des informations.

Contexte politique

Le Parti-État entend tout contrôler et, pour ce faire, l’armée a mis au point la Force 47, une unité composée de 10 000 cybersoldats chargés de défendre la ligne du PCV et d’attaquer toute voix dissidente sur internet. La loi sur la cybercriminalité de 2019 oblige également les plateformes à stocker les données des utilisateurs sur le sol vietnamien pour les remettre aux autorités si elles l’exigent.

Cadre légal

La liberté de la presse est proclamée dans l’article 19 de la Constitution de la République socialiste du Vietnam. Mais l’appareil politique dispose d’un arsenal législatif sur mesure pour emprisonner tout acteur de l'information qui pourrait déranger : les articles 109, 117, et 331 du code pénal punissent de lourdes peines de prison - jusqu’à 20 ans - celles et ceux reconnus coupables d’“activités visant à renverser le pouvoir du peuple”, de “propagande contre l’État” ou, pire, d’avoir osé “abuser de leurs libertés démocratiques”.

Contexte économique

Selon la loi, l’État est l’actionnaire majoritaire de tous les organes de presse. En échange, le PCV exige que ceux-ci soient “la voix des organisations du parti, des organes de l'État et des organisations sociales”. Son département central de la propagande se réunit toutes les semaines à Hanoi pour s'assurer que rien de répréhensible n’est publié dans les organes de presse et pour, le cas échéant, féliciter ou réprimander les rédacteurs en chef. 

Contexte socioculturel

La censure s’exerce sur de nombreux sujets : les dissidents politiques, les cas de corruption de hauts dirigeants, la légitimité du parti unique, les relations avec la Chine et, bien sûr, les questions relatives aux droits de l'homme. A la marge, des thèmes jugés moins sensibles, comme les questions environnementales ou les droits des communautés LGBT, parviennent à émerger.  Le dynamisme de la diaspora vietnamienne joue un rôle fondamental de soutien et de relais des voix indépendantes du pays.

Sécurité

L’avènement de la ligne conservatrice du secrétaire général Nguyễn Phú Trọng à la tête du PCV, en 2016, s’est traduit par une généralisation de la terreur contre les voix indépendantes. L'appareil étouffe soigneusement toutes les initiatives journalistiques émanant de la société civile, comme le groupe Bao Sach (“Le Journal propre”) ou l'Association des journalistes indépendants du Vietnam (IJAVN). La lauréate du prix RSF 2019, Pham Doan Trang, a été condamnée à neuf ans de prison. Une quarantaine de journalistes croupissent dans les geôles du pays, où les cas de mauvais traitements sont fréquents.