Asie - Pacifique
Pakistan
-
Classement 2022
157/180
Score : 37,99
Indicateur politique
152
39.57
Indicateur économique
143
31.92
Indicateur législatif
131
53.26
Indicateur social
152
47.43
Indicateur sécuritaire
168
17.75
Classement 2021
145/180
Score : 53,14
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Depuis sa création en 1947, le Pakistan oscille entre une aspiration continue de la société civile pour la liberté de la presse et une réalité politique dans laquelle l’élite politico-militaire conserve un large contrôle sur les médias. 

Paysage médiatique

Le paysage médiatique s’est profondément diversifié depuis la fin du monopole étatique sur les ondes, en 2002. On compte aujourd’hui une centaine de chaînes de télé et plus de 200 stations de radio, qui jouent un rôle fondamental pour diffuser des informations à une population relativement peu alphabétisée (environ 60 %). Une multitude de quotidiens et de périodiques sont publiés en ourdou, en anglais et dans les différentes langues régionales. La presse anglophone, plutôt réservée à une élite urbaine, a une tradition d’indépendance plus forte, et sert de vitrine aux deux grands groupes multimédia, Jang et Dawn. Les médias en ligne, eux, sont en pleine expansion.

Contexte politique

Malgré les alternances politiques, un atavisme persiste : quel que soit leur bord, les partis politiques qui soutiennent la liberté de la presse lorsqu’ils sont sur les bancs de l'opposition sont les premiers à en limiter l'exercice dès qu’ils sont au pouvoir. Le gouvernement contrôle directement les organes de régulation des médias, qui privilégient systématiquement la défense de l’exécutif face au droit à l’information des citoyens. À mesure que le pouvoir militaire a renforcé son emprise sur les institutions civiles, a question des interférences de l’armée et des services secrets dans la vie politique est devenue un sujet interdit pour les journalistes.

Cadre légal

Sous ses aspects protecteurs pour le journalisme, la loi pakistanaise est instrumentalisée pour imposer un régime de censure contre toute critique du gouvernement et de l’armée. L’Autorité de régulation des médias électroniques (PEMRA), créée en 2002, se soucie moins de réguler le marché des médias que le contenu qui y est publié. La loi sur la prévention des crimes électroniques, adoptée en 2016, sert davantage à restreindre la liberté d’expression sur internet qu’à réprimer la criminalité en ligne. Quant à la loi sur la protection des journalistes et des professionnels des médias, votée en 2021, elle conditionne ladite protection à une “conduite” que doivent tenir les reporters. Avec ces textes aux formulations ambiguës, les journalistes qui franchissent les lignes implicites dictées par le pouvoir s’exposent à de lourdes sanctions administratives et pénales - jusqu’à trois ans de prison en cas de “sédition”, par exemple. 

Contexte économique

Apparemment indépendants, les médias privés sont tributaires des annonces légales et des publicités institutionnelles pour leur système de financement, a fortiori pour les médias locaux. Résultat, les ministères de l’Information, aux niveaux provincial et national, peuvent exercer un chantage aux recettes publicitaires pour influencer la ligne éditoriale des rédactions. Les organes de presse qui osent franchir les lignes interdites s’exposent à toutes sortes de représailles financières. Les salaires des journalistes servent souvent de valeur d’ajustement lorsque leurs employeurs traversent des difficultés financières, ce qui favorise des phénomènes d’autocensure dans la profession.

Contexte socioculturel

Formée sur le substrat de l’islam sunnite, la nation pakistanise est très variée en termes linguistiques, culturels et démographiques, ce qui se retrouve dans la diversité de la presse. Dans les zones rurales, les médias restent néanmoins très dépendants des potentats locaux, des seigneurs tribaux ou des chefs de district obnubilés par la défense de l’État. L’action d’acteurs non étatiques, comme des groupes fondamentalistes ou des rebelles séparatistes, fait peser une menace sur la liberté de la presse. La persistance de schémas traditionalistes empêche également de couvrir certains sujets.

Sécurité

Le Pakistan est l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les journalistes, avec trois à quatre assassinats chaque année, liés notamment à des affaires de corruption et de trafics illégaux. Surtout, l’impunité de ces crimes est totale. Chaque journaliste qui franchit les lignes rouges dictées par l’Inter-Services Public Relations (ISPR), qui dépend des services secrets, est potentiellement la cible d’une surveillance approfondie qui peut mener à son enlèvement et sa détention plus ou moins longue dans les prisons d’État ou dans des geôles moins officielles. Si cela ne suffit pas, l’Inter-Services Intelligence (ISI), le bras armé du renseignement pakistanais, peut agir pour faire taire toute voix critique, une fois pour toute.

Exactions en temps réel au Pakistan

Baromètre
Tués depuis le 1er janvier 2022
1 journalistes
0 collaborateurs des médias
1
En prison à ce jour
0 journalistes
0 collaborateurs des médias
0