Europe - Asie centrale
Macédoine du Nord
-
Classement 2022
57/180
Score : 68,44
Indicateur politique
56
66.16
Indicateur économique
83
43.71
Indicateur législatif
28
81.29
Indicateur social
74
73.17
Indicateur sécuritaire
53
77.85
Classement 2021
90/180
Score : 68,33
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Bien que les journalistes ne travaillent pas dans un environnement hostile, la désinformation généralisée et le manque de professionnalisme contribuent au déclin de la confiance de la société dans les médias, ce qui expose les organes indépendants aux menaces et aux attaques.

Paysage médiatique

La télévision reste la première source d’information, mais les médias en ligne jouent un rôle important. Une distinction doit toutefois être faite entre les rédactions en ligne professionnelles qui emploient des journalistes et publient des contenus originaux, et les portails individuels qui plagient et copient-collent ces contenus. Il existe également un grand écart entre les usages et la confiance : les chaînes TV les plus regardées possèdent un faible indice de fiabilité.

Contexte politique

L’environnement général reste plutôt favorable à la liberté de la presse et laisse s’exprimer le journalisme critique, mais les institutions offrent peu de transparence. En raison de la forte polarisation politique de la société, les médias peuvent subir des pressions de la part des autorités, des politiciens et des hommes d’affaires. Les deux plus grands partis, au pouvoir et dans l’opposition, ont créé des systèmes de médias parallèles, sur lesquels ils exercent leur influence politique et économique. Le radiodiffuseur public n’a d’indépendance ni éditoriale ni financière.

Cadre légal

Alors que la Constitution garantit la liberté d’expression et interdit la censure, le pays est à la traîne en termes d’harmonisation de la législation sur les médias avec les normes de l’Union européenne, qu’il compte pourtant rejoindre. L’abus judiciaire de la loi sur la responsabilité civile pour diffamation incite à l’autocensure. Les poursuites servent d’instruments d’intimidation et de pression sur les médias indépendants. Le cadre éthique se compose d’un code de conduite et d’une instance d’autorégulation, qui encouragent tous deux les bonnes pratiques journalistiques, sans toutefois véritablement les mettre en œuvre.

Contexte économique

Bien que certains types de concentration des médias soient interdits par la loi, les rédactions de quelques grandes chaînes TV sont exposées à des pressions économiques de la part de leur propriétaire. Le financement d’État est limité et opaque, et les médias indépendants reposent en grande partie sur des donateurs. Les aides financières étrangères, fondées sur des projets précis, contribuent à la simple survie, mais pas au développement. Il existe un trafic d’influence entre les agences marketing et certains médias.

Contexte socioculturel

Bien que le journalisme libre évolue dans un environnement culturel et social libre de toute contrainte définie, les réseaux sociaux et l’espace digital en général favorisent la diffusion de la désinformation et des cybermenaces. Associées à des normes professionnelles peu exigeantes, elles contribuent au déclin de la confiance publique dans les médias et ouvrent la voie aux attaques envers les journalistes, basées sur des critères de genre, ethniques ou religieux.

Sécurité

Alors que 2021 a été relativement calme, les journalistes sont régulièrement la cible d’attaques verbales. Sous le prétexte de la protection des secrets d’État et des données personnelles, ils peuvent être exposés à des pressions judiciaires et poursuites abusives (procédures-bâillons, ou SLAPPs). Il reste que les tribunaux tendent à défendre la liberté de la presse et à protéger les journalistes. Des amendements pour une meilleure protection des journalistes sont en préparation.