Classement 2022
45/180
Score : 71,39
Indicateur politique
67
61.82
Indicateur économique
41
56.12
Indicateur législatif
92
64.91
Indicateur social
30
85.00
Indicateur sécuritaire
16
89.12
Classement 2021
21/180
Score : 80,76
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Malgré la vivacité de certains groupes de presse, l’archipel de 200 000 habitants est en train de perdre son statut de modèle de la liberté de la presse régional dans les îles du Pacifique.

Paysage médiatique

Le combat pour la liberté de la presse est symbolisé par le Samoa Observer, quotidien indépendant fondé en 1978, qui a dû faire face par le passé à un incendie volontaire et à des menaces proférées contre ses journalistes. Ayant su résister aux pressions, il fait office de journal de référence, et son statut est envié par de nombreuses rédactions dans le Pacifique. L’autre grand journal de l’archipel, Savali, un hebdomadaire bilingue samoan/anglais propriété de l’État, s’attache surtout à mettre en valeur les actions du gouvernement. La principale chaîne de télévision est TV1, issue de la privatisation de l'audiovisuel d’État, la Samoa Broadcasting Corporation. Le groupe Talamua exploite, entre autres, la station SamoaFM, tandis que la radio nationale 2AP se présente comme “la voix de la nation” (“the voice of the nation”).

Contexte politique

En dépit du fonctionnement démocratique du pays, un seul parti est resté cantonné au pouvoir pendant quatre décennies, jusqu’à l’arrivée en responsabilité, en avril 2021, de la Première ministre Fiamē Naomi Mataʻafa et de son parti, Foi en un dieu unique de Samoa (Faʻatuatua i le Atua Samoa ua Tasi, FAST). Le Parti de la protection des droits de l'homme (HRPP), qui gouvernait depuis 1982, a perdu les dernières élections, en partie en raison de sa volonté de réformer le droit coutumier et le cadre constitutionnel, ce qui aurait mis en cause la liberté de la presse. Cette dernière reste toutefois contestée par une partie de la classe politique.

Cadre légal

En 2013, les autorités avaient aboli la loi sur la criminalisation de la diffamation, ce qui avait suscité de réels espoirs. Peine perdue : le Parlement l'a finalement rétablie en décembre 2017, sous la pression du Premier ministre Tuila’epa Sailele Malielegaoi, pour s’attaquer aux journalistes qui oseraient critiquer les membres du gouvernement. Les professionnels ne disposent d’aucune garantie leur permettant l’accès aux informations publiques et, de fait, le refus du gouvernement de mettre des informations à la disposition des médias et de se soumettre à un examen régulier des journalistes a été souligné lors de deux crises sanitaires - une épidémie “historique” de rougeole, en 2019, et la pandémie de Covid-19, après 2020.

Contexte économique

Médias publics et privés cohabitent, avec chacun son mode de financement. Quels qu’ils soient, leur assise financière reste cependant fragile, ce qui peut se traduire par des licenciements de personnel en cas de crise, comme c’est le cas depuis la pandémie de coronavirus.

Contexte socioculturel

La société samoane est chrétienne à 98 %, et l’empreinte des églises protestantes (80 %) et catholique est très forte dans les médias. Cette tendance s’est accentuée depuis 2017, lorsque les Samoa ont inscrit le christianisme comme religion d’État dans le préambule de la Constitution. De fait, plusieurs sujets sont exclus du débat public, comme les violences de genre, la représentation de l’homosexualité ou la question de l’avortement. L’arrivée au pouvoir du FAST a confirmé cette tendance.

Sécurité

L'Association pour le journalisme des Samoa (JAWS) est le principal groupe de défense de la liberté de la presse dans le pays. En 2020, en réaction à la publication de contenus journalistiques qui lui ont déplu, le Premier ministre Tuila’epa a menacé d’interdire Facebook, et a lui-même porté plainte pour diffamation contre un blogueur.