Afrique
Madagascar
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Classement 2022
98/180
Score : 58,02
Indicateur politique
101
52.58
Indicateur économique
126
35.08
Indicateur législatif
93
64.47
Indicateur social
105
64.50
Indicateur sécuritaire
69
73.47
Classement 2021
57/180
Score : 71,76
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Madagascar se caractérise par un paysage médiatique très riche, fortement polarisé et manquant d’indépendance. Les attaques et arrestations visant des professionnels de l’information sont assez rares.

Paysage médiatique

Il est assez rare qu’un journaliste se retrouve en prison pour des faits relevant de l’exercice de ses fonctions. Toutefois, le Code de la Communication, réformé en 2020, ne consacre que partiellement la fin des peines privatives de liberté et plusieurs articles restés inchangés renvoient vers le Code pénal. Les amendes prévues en cas de « diffusion d’informations mensongères » sont plus lourdes et les possibilités des autorités de fermer des médias ou d’arrêter des programmes sont assez larges. En 2021, elles ont voulu interdire des programmes et émissions "susceptibles de troubler l’ordre public" dans une dizaine de médias avant de finalement y renoncer. L'Autorité de régulation (ANRCM) n’a toujours pas vu le jour et ses prérogatives sont assurées par les ministères de la Communication et de la Culture. Le nouveau mode d'élection de l’Ordre des Journalistes Malgaches (OJM) compromet gravement l'indépendance de l'organisation.

Contexte politique

L’élection présidentielle remportée fin 2018 par l’ex-leader de la transition Andry Rajoelina a confirmé la très forte politisation des médias locaux, et notamment de la presse écrite, la quasi-totalité des titres ayant pris parti pour l’un ou l’autre des principaux candidats. Il est fréquent que des ministres, des parlementaires ou des hommes d’affaires proches du milieu politique contrôlent directement ou indirectement des médias. Les médias rivaux sur le plan politique se livrent une véritable guerre, parfois au prix de convocations par la brigade criminelle pour désinformation et troubles à l’ordre public.  

Cadre légal

Il est assez rare qu’un journaliste se retrouve en prison pour des faits relevant de l’exercice de ses fonctions. Toutefois, le code de la communication adopté en 2016 ne consacre que partiellement la fin des peines privatives de liberté pour les infractions les plus courantes, comme l’outrage, la diffamation ou la divulgation de "fausses nouvelles". Les possibilités des autorités de fermer des médias ou d’arrêter des programmes sont assez larges, et les différents régimes qui se succèdent sont souvent tentés d’y avoir recours - comme en 2021, lorsque les autorités ont voulu interdire des programmes et émissions dans une dizaine de médias car susceptibles de troubler l’ordre public avant de finalement y renoncer.

Contexte économique

La précarité de la presse malgache a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias. Les salaires très faibles laissent les journalistes vulnérables à la corruption, et la pratique du “felaka” (enveloppe contenant quelques billets remis par les organisateurs d’un événement aux journalistes venant le couvrir) est généralisée. Il n’est pas rare que certains reporters cumulent des petits boulots et se retrouvent en situation de conflit d’intérêt en travaillant en parallèle auprès de responsables politiques.

Contexte socioculturel

La corruption, notamment dans le secteur des ressources naturelles ou de l’environnement, reste un sujet difficile à traiter. Les communautés religieuses ont généralement leurs propres médias.

Sécurité

Il arrive que des journalistes soient publiquement pris à partie par des responsables politiques ou victimes de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux. Les attaques physiques demeurent très rares.