Ethiopie

Ethiopie

De nouvelles libertés déjà menacées dans un pays divisé

Trois ans après l’arrivée du Premier ministre Abiy Ahmed au pouvoir, l’année 2020 aura été le miroir des immenses défis auxquels est confrontée l’Ethiopie. Ravagé par les conflits interethniques et une guerre civile ayant éclaté avec l’une de ses régions, le pays est à la croisée des chemins, et l’immense espoir suscité par le vent de libertés acquises, notamment pour les médias, semble suspendu à un fil. D’un côté, la libération de journalistes et blogueurs, ainsi que l’autorisation accordée à plus de 200 sites d'information et blogs bannis depuis des années ont permis d’ouvrir un nouvel espace beaucoup plus favorable à la liberté d’expression dès les premiers mois de l’arrivée aux affaires du Premier ministre, en 2018. De l’autre, la multiplication des affrontements dans le pays a contribué à polariser un peu plus le paysage médiatique, qui n’a pas été épargné par les dérives. Un contexte trouble dans lequel certaines mauvaises habitudes ressurgissent. Près d’une douzaine de journalistes ont été arrêtés en 2020 pour des motifs souvent très vagues. Certains ont été détenus au secret, sans accès à leur avocat, parfois pendant plusieurs semaines. Début 2021, une correspondante pour plusieurs médias étrangers, réputée pour le sérieux de son travail, a reçu la visite, à son domicile, d’hommes armés venus la menacer pour sa couverture du conflit dans la région du Tigré. Au lieu d’ouvrir une enquête et de lui témoigner leur soutien, les autorités ont préféré tenter de la discréditer en soulignant qu’elle n’était pas accréditée. L’accès aux régions en proie à des conflits est devenu difficile, et les coupures internet très régulières. Sur le plan légal, les textes draconiens concernant la presse, dont la loi antiterroriste de 2009, largement utilisée pour placer les journalistes en détention, n'ont toujours pas été révisés. Pire, l'arsenal répressif existant a été renforcé par une loi sur les discours de haine et la désinformation contenant des dispositions très vagues et prévoyant de fortes amendes et peines de prison.

101
au Classement mondial de la liberté de la presse 2021

Classement

-2

99 en 2020

Score global

+0,81

32,82 en 2020

Contacts

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