Afrique
République démocratique du Congo
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Classement 2022
125/180
Score : 47,66
Indicateur politique
106
51.33
Indicateur économique
95
41.43
Indicateur législatif
108
60.88
Indicateur social
119
60.30
Indicateur sécuritaire
161
24.34
Classement 2021
149/180
Score : 51,41
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Le programme très ambitieux de réformes adopté au cours des états généraux de la presse, début 2022, pourrait ouvrir une nouvelle ère pour les journalistes de RDC qui évoluent dans un environnement hostile, précaire et sous l’influence des responsables politiques.

Paysage médiatique

Premier pays d’Afrique subsaharienne par sa superficie, la RDC compte plus de 7 000 journalistes professionnels, 540 journaux, dont une quinzaine seulement paraissent régulièrement, 177 chaînes de télévision, 61 radios et 36 médias en ligne. Seuls la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) et la radio des nations unies Okapi disposent d’une couverture nationale. La presse écrite est quasiment inexistante en dehors de la capitale Kinshasa. Les sites d’information comme actualité.cd et 7sur7.cd sont en plein développement. 

Contexte politique

Le paysage médiatique congolais est marqué par la forte présence de politiciens qui possèdent ou lancent des médias pour en faire des instruments d’influence et de pouvoir. La radiotélévision nationale est encore un média d’État qui manque d’indépendance. Il est très fréquent que les autorités locales exercent des pressions sur les journalistes et les médias présents dans leur province.

Cadre légal

Le cadre légal est obsolète et répressif, mais les autorités se sont engagées à réviser la loi sur la presse de 1996. Le secteur attend notamment de nouveaux textes consacrant la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse, l’accès aux informations publiques d’intérêt général, l’indépendance éditoriale de la radiotélévision publique, ainsi que le renforcement des prérogatives de l’organe de régulation pour mettre fin aux suspensions arbitraires de médias et renforcer leur professionnalisme.

Contexte économique

Les journalistes et médias congolais vivent dans une très grande précarité. Les contrats de travail sont rares et la pratique du “coupage”, qui consiste à obtenir une rémunération en échange de la couverture d’un événement ou de la diffusion d’une information, est très répandue. L’aide à la presse prévue par la loi n’a jamais été distribuée de manière transparente. Très peu de médias sont viables et indépendants, et la plupart sont soumis à l’influence de leurs promoteurs. 

Contexte socioculturel

Certains journalistes sont pris à partie sur la base de leur appartenance ethnique ou communautaire, et sont exposés à des mesures de représailles en raison de leur travail, notamment dans l’est du pays, où de nombreux groupes armés sont présents. En 2021, des émissions et radios ont été suspendues pour “incitation au tribalisme et à la violence”. L’autocensure est une pratique courante pour de nombreux journalistes.  

Sécurité

Arrestations, agressions, menaces, exécutions, médias suspendus, pillés ou saccagés... Pour la seule année 2021, 110 exactions, dont une quarantaine d’arrestations et de détentions arbitraires, ont été recensées par Journaliste en danger (JED), l’organisation partenaire de RSF en RDC. Le directeur d’une radio communautaire de l’Ituri a été assassiné et une journaliste blessée par balles à Goma. Les forces de sécurité représentent près de la moitié des exactions enregistrées et bénéficient d’une impunité totale.