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1 mars 2018

Turquie : une nouvelle peine de prison pour un journaliste déjà condamné à vie

Le journaliste Ahmet Altan, déjà condamné à la prison à vie, s’est vu infliger, ce 28 février 2018, une nouvelle peine de près de six ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette décision dont l’absurdité est au-delà de toute mesure.

Le tribunal d’Istanbul a rendu un nouveau verdict à l’égard du journaliste Ahmet Altan, le 28 février. Déjà condamné à la prison à perpétuité, le journaliste a également écopé de trois ans de prison pour propagande en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de deux ans et 11 mois pour insulte au président Recep Tayyip Erdogan pour l’avoir accusé en 2016, dans une chronique publiée sur le site Haberdar, de vouloir déclencher une guerre civile.


Lors de ce procès observé par le représentant de RSF en Turquie, la 26e chambre de la Cour d’Assises d’Istanbul a refusé de réduire les peines, estimant que le comportement critique d’Ahmed Altan envers la justice ne méritait pas que des circonstances atténuantes soient appliquées.


Reporters sans frontières dénonce une condamnation ubuesque. Par cette sentence, la justice turque démontre encore une fois qu’elle est aux ordres d’un pouvoir qui cherche obstinément à faire d’un journaliste et intellectuel reconnu le symbole d’une répression absurde et sans limite.”


Avec les journalistes Mehmet Altan et Nazli Ilicak, Ahmed Altan avait été condamné à la prison à vie, le 16 février dernier. Les trois célèbres journalistes turcs avaient été reconnus coupables de “tentative de renverser l’ordre constitutionnel” pour avoir critiqué les autorités au cours d’une émission de télévision, la veille de la tentative de putsch manqué de 2016.


La Turquie occupe la 155e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.