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12 juillet 2018

Suède: RSF dénonce les attaques de l’ambassade de Chine contre un journaliste suédois basé à Taiwan

PHOTO : WIKIPEDIA
Reporters sans frontières (RSF) dénonce les attaques de l’ambassade de Chine à Stockholm contre Jojje Olsson, correspondant du quotidien suédois Expressen, qui travaille depuis Taïwan depuis le refus de renouvellement de son visa chinois.

Dans un communiqué non signé, mais d’une rare violence, publié le 3 juillet dernier, l’ambassade de Chine à Stockholm, dirigée par l’ambassadeur Gui Congyou, prend à partie le journaliste Jojje Olsson, correspondant du quotidien suédois Expressen, journaliste chevronné et spécialiste reconnu de la Chine.


L’ambassade lui reproche un article publié le 19 juin, dans lequel le journaliste détaille, de nombreux exemples à l’appui, la politique mise en oeuvre par les autorités chinoises pour supprimer toute liberté de l’information sur leur territoire. Un article que l’ambassade qualifie de “partial et mensonger”, fruit du "comportement trompeur et honteux” de son auteur.


“L’attitude de l’ambassade de Chine à Stockholm illustre une fois encore l’absence totale de respect dont font preuve les autorités chinoises vis à vis des journalistes et démontre finalement le bien-fondé de l’article qu’elle critique, estime Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF. Si Monsieur l’Ambassadeur Gui entend prouver son attachement à la liberté de la presse, il peut oeuvrer afin de permettre à Jojje Olsson d’obtenir au plus vite un visa pour travailler en Chine.”


Le reporter suédois fait depuis longtemps les frais du harcèlement des autorités chinoises. En juillet 2016, après avoir publié un ouvrage critique sur le pays où il résidait depuis neuf ans, il s’était vu refuser le renouvellement de son visa. Jojje Olsson s’est depuis installé à Taïwan, à partir d’où il continue de couvrir l’actualité du monde sinophone.


Dans son dernier rapport publié en février dernier, le Club des Correspondants étrangers de Chine (FCCC) s’inquiétait déjà de l’augmentation des violences et des tentatives d’intimidation contre les journalistes étrangers. Fin 2015, les autorités chinoises ont ainsi expulser la journaliste française Ursula Gauthier suite à un article qui leur avait déplu. En 2012, le New York Times et Al Jazeera ont aussi été touchés par des expulsions, tout comme le quotidien canadien Globe and Mail en 2009.


La Chine reste l'une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes, au 176e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018.