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28 décembre 2015 - Mis à jour le 8 avril 2016

La correspondante française de l’Obs menacée d’expulsion par les autorités chinoise

<p>La journaliste française Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs à Pékin, sera expulsée dans cinq jours de Chine pour avoir écrit un article sur la politique anti-terroriste chinoise. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette expulsion arbitraire et l’attitude de la Chine à l’encontre de la presse.</p>

La journaliste Ursula Gauthier, correspondante permanente de l’hebdomadaire L’Obs à Pékin, s’est vue refuser le renouvellement de son visa et sera donc expulsée d’ici la fin de l’année par les autorités chinoises. Son tort ? Avoir écrit un article intitulé “Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées”. La journaliste avait fait l’objet d’une série d’attaques en ligne et d’une campagne de diffamation par les médias officiels chinois à la suite de la parution de son article, le 18 novembre dernier. Certains sites ont même mis en ligne des photos et l’adresse personnelle de la journaliste, qui accuse dans son article le gouvernement chinois d’user de l’argument sécuritaire et de la menace djihadiste pour étouffer les revendications indépendentistes dans la région autonome du Xinjiang, dans l’Ouest du pays.

Reporters sans frontières est choquée par la décision des autorités chinoises d’expulser la journaliste hors de Chine, où elle habite et travaille depuis plusieurs années, déclare Aude Rossigneux, rédactrice en chef de l’organisation. Une nouvelle fois le gouvernement chinois fait pression sur les journalistes qui critiquent leur politique. Les correspondants n’ont pas vocation à être les porte-parole de la République populaire de Chine. RSF appelle Pékin à cesser d’entraver le travail d’information des journalistes étrangers par des intimidations.”

Harcèlement de la part des autorités, obstruction et tentatives d’intimidation restent de mise pour les journalistes étrangers et leurs fixeurs locaux. Après les explosions de Tianjin en août dernier, plusieurs d’entre eux ont été malmenés et empêchés d’effectuer leur travail correctement. La Chine est classée 176e sur 180 au Classement de la liberté de la presse.