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17 mars 2017 - Mis à jour le 20 mars 2017

Le procès d’Erol Önderoğlu reprend le 21 mars en Turquie

Crédit : Yasin Akgül /AFP
Le procès du représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoğlu, reprend le 21 mars 2017 à Istanbul. L’organisation appelle de nouveau à la mobilisation la plus large pour obtenir la levée des accusations pesant contre lui et ses collègues.

Une délégation internationale de RSF fera le déplacement à Istanbul, le 21 mars, pour assister à la reprise du procès d’Erol Önderoğlu, de la présidente de la Fondation pour les droits humains (TIHV) Şebnem Korur Fincancı et de l’écrivain Ahmet Nesin. Les trois personnalités risquent la prison pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec le quotidien kurde Özgür Gündem.


Des représentants du secrétariat international de RSF et de sa section allemande observeront l’audience, qui commencera à 11 heures au palais de justice de Çağlayan. RSF entend ainsi réitérer son plein soutien à Erol Önderoğlu, Şebnem Korur Fincancı, Ahmet Nesin et tous les autres participants à la campagne de solidarité avec Özgür Gündem. Et afficher sa solidarité avec l’ensemble des journalistes turcs confrontés à des pressions sans précédent.


“Ceux qui ont eu le courage de se mobiliser pour défendre le pluralisme turc mériteraient d’être récompensés, certainement pas poursuivis, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Le nombre effarant de médias liquidés ces derniers mois confirme, si besoin était, l'importance de leur combat. Nous réclamons à nouveau la levée des accusations absurdes pesant contre Erol Önderoğlu et ses collègues. L'approche d'un référendum crucial pour l'avenir du pays rend d'autant plus pressante la restauration du pluralisme en Turquie.”


Erol Önderoğlu, Şebnem Korur Fincancı et Ahmet Nesin sont accusés de “propagande terroriste” pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec Özgür Gündem : au nom du pluralisme, 56 personnalités s’étaient relayées, entre mai et août 2016, pour prendre symboliquement la direction de ce journal persécuté par la justice. Des procès ont été ouverts contre 38 d’entre elles, dont treize ont déjà été condamnées - pour la plupart, à de la prison avec sursis.


Jetés en prison le 20 juin, Erol Önderoğlu, Şebnem Korur Fincancı et Ahmet Nesin ont été remis en liberté conditionnelle dix jours plus tard au terme d’une vaste mobilisation internationale. Leur procès s’est ouvert le 8 novembre.


La Turquie occupe la 151e place sur 180 au Classement 2016 de la liberté de la presse, publié par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016. Les locaux d’Özgür Gündem ont été placés sous scellés en août et le journal a finalement été liquidé par décret, le 29 octobre. Cent soixante-seize autres titres ont été interdits de la même façon et plus d’une centaine de journalistes sont actuellement en prison, privés de tout recours effectif. Pas moins de 775 cartes de presse et des centaines de passeports de journalistes ont été annulés sans autre forme de procès. La censure d’Internet et des réseaux sociaux atteint des niveaux inédits.


Ces restrictions limitent considérablement le débat démocratique, alors même que les Turcs sont appelés à se prononcer le 16 avril, par référendum, sur un projet de réforme constitutionnel. Des amendements dont l’adoption constituerait une “régression dangereuse” vers un “régime personnel”, d’après le Conseil de l’Europe.


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