Thaïlande

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L’emprise toujours plus grande du général Prayuth

L'année 2019 a été marquée par la fin officielle du "Conseil national pour la paix et l’ordre", un doux euphémisme utilisé pour désigner la junte mise en place après le coup d’État de 2014 par le général Prayuth Chan-o-cha. Omniprésent et doté des pleins pouvoirs, cet organisme a multiplié les convocations abusives et les détentions, s’attaquant régulièrement aux journalistes indépendants, au point d’en pousser une dizaine à l’exil. Les élections de mars 2019, promises depuis des années, n’ont rien changé à l’emprise absolue de l’élite qui entoure le général Prayuth, qui cumule désormais les postes de Premier ministre, ministre de la Défense et chef de la police royale. Toute critique du pouvoir est toujours susceptible de déclencher une violente répression, rendue possible par un cadre législatif liberticide et une justice aux ordres. La loi sur la cybersécurité adoptée en février 2019, qui octroie encore plus de pouvoirs à l'exécutif, fait peser de nouvelles menaces sur la liberté de l'information en ligne. En décembre 2019, une journaliste a par exemple été condamnée à deux ans de prison pour avoir dénoncé dans un tweet les conditions de travail déplorables de travailleurs migrants. L'instrumentalisation du crime de lèse-majesté, passible de quinze ans de prison, demeure également une arme de dissuasion massive contre toute voix dissidente. Les autorités se montrent par ailleurs particulièrement complaisantes avec certains régimes : des journalistes et blogueurs cambodgiens, chinois ou vietnamiens ont ainsi été arrêtés sur le sol thaïlandais par des agents de leur pays, pour y être "rapatriés" et jetés en prison.

140
au Classement mondial de la liberté de la presse 2020

Classement

-4

136 en 2019

Score global

+0,84

44,10 en 2019

Contacts

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