Roumanie

Roumanie

Bienvenue dans les années 90 !

L’état du paysage médiatique actuel et le peu de considération des autorités pour le journalisme et la presse en général mettent en lumière une censure politique croissante et une hausse de l’autocensure au sein des rédactions. La presse s’est transformée progressivement en un instrument de propagande politique : les médias sont très politisés, leurs mécanismes de financement sont peu transparents, voire corrompus, et les politiques éditoriales dépendent des intérêts du propriétaire du média - autant de phénomènes théoriquement inquiétants qui sont pourtant devenus la norme en Roumanie. Il semble aujourd’hui que l’objectif des responsables politiques au pouvoir est d’éviter d'éventuelles peines d’emprisonnement en modifiant les lois anti-corruption et en s’assurant un contrôle sur le système judiciaire et les tribunaux. La coalition gouvernementale a remplacé une partie de la direction de l’audiovisuel public et l'a rendu dépendant du budget d’Etat. Quant au Conseil national de l’audiovisuel (CNA), il n’assure pas vraiment son rôle de régulateur et ne condamne pas les abus. Une dizaine de propriétaires de médias ont été inculpés et font l’objet de poursuites pénales menées par le parquet anti-corruption ou par le Bureau du Procureur général. D’autre part, les autorités mettent constamment sous pression les journalistes pour qu’ils divulguent leurs sources et tentent de faire taire toute voix critique à l’encontre du système. Les rédactions sont depuis peu infiltrées par des agents gouvernementaux qui se font passer pour des journalistes.
Quelques médias indépendants parviennent à subsister face aux grands groupes, mais sont la cible de contrôles financiers abusifs des autorités chaque fois qu’ils épinglent des responsables politiques puissants. Un nouvel outil de pression est venu s’ajouter à l’arsenal en place : les autorités, les entreprises ou des particuliers invoquent le règlement général sur la protection des données (RGPD) pour refuser l’accès à l'information et l’utilisent aussi pour menacer et poursuivre les journalistes après la publication d’articles d'investigation.


47
au Classement mondial de la liberté de la presse 2019

Classement

-3

44 en 2018

Score global

+2,02

23,65 en 2018

  • 0
    journalistes tués en 2019
  • 0
    journalistes citoyens tués en 2019
  • 0
    collaborateurs tués en 2019
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