Amériques
Venezuela
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Classement 2022
159/180
Score : 37,78
Indicateur politique
165
33.70
Indicateur économique
145
31.73
Indicateur législatif
145
44.74
Indicateur social
151
47.50
Indicateur sécuritaire
152
31.22
Classement 2021
148/180
Score : 52,4
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Depuis son accession au pouvoir en 2013, Nicolás Maduro poursuit la politique “d’hégémonie communicationnelle” mise en place par son prédécesseur, Hugo Chávez. Le Venezuela vit dans un climat de restriction de l’information, où les mesures menacent l’exercice même du journalisme indépendant.

Paysage médiatique

Après l’arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro, les mesures gouvernementales contre le pluralisme des médias se sont accrues : en raison du monopole officiel sur les importations de papier et les fournitures d’impression, les éditions papier d’une douzaine de journaux ont disparu. Une politique opaque d’attribution et de révocation des concessions de fréquence a amené 200 stations de radio à mettre la clé sous la porte. Enfin, le gouvernement vénézuélien s’attache à bloquer des contenus d’information sur internet, impactant ainsi des sites de médias indépendants. Les principaux médias indépendants du pays sont Radio Fe y Alegría, Efecto Cocuyo, Unión Radio, El Estímulo, El Pitazo et El Diario

Contexte politique

Réélu à la suite d’un scrutin controversé, Nicolás Maduro a déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat en 2024, qui, s’il le remporte, le maintiendra au pouvoir jusqu’à au moins 2030. Au Venezuela, l’exécutif exerce un contrôle strict sur les pouvoirs judiciaires et législatifs, ce qui a engendré un système institutionnel bancal. Dans ce contexte, les forces d’opposition pro-démocratie se sont désunies et sont sans leadership digne de ce nom. Les médias d’État et les porte-paroles officiels n’hésitent pas à dévaluer, poursuivre, voire menacer publiquement les journalistes indépendants. 

Cadre légal

Bien que la liberté d’expression soit inscrite dans l’article 58 de la Constitution, aucune politique n’est menée pour la protéger, alors que des mesures extravagantes comme la soi-disant “loi anti-haine” ont récemment été approuvées par une Assemblée constituante nationale contrôlée par le gouvernement Maduro, qui s’est emparé illégalement des pouvoirs législatifs. Ainsi, depuis quatre ans, 17 journalistes et médias, et plusieurs douzaines de Vénézuéliens ont été sanctionnés, et bien d’autres ont été menacés, dont des personnes partageant des contenus sur des réseaux sociaux. 

Contexte économique

Entre 2015 à 2020, l’économie du pays s’est effondrée sous l’effet combiné des plus hauts taux d’inflation et de la pire chute du PIB au monde - une  catastrophe issue  des politiques de contrôle économique et des expropriations massives menées notamment par Hugo Chávez de 2007 à 2011. La crise économique a provoqué une réduction drastique de la distribution de la publicité officielle, dont les critères sont par ailleurs opaques et arbitraires, ce qui favorise les médias proches du gouvernement : pour recevoir cette manne financière, les médias doivent accepter de diffuser gratuitement des messages officiels du gouvernement.

Contexte socioculturel

La société vénézuélienne traverse une crise généralisée qui a appauvri les conditions de vie. En réaction à la crise économique qui sévit depuis cinq ans, des millions de citoyens ont émigré dans les pays voisins : on estime qu’un cinquième de la population totale, et principalement des jeunes en âge de travailler, a quitté le Venezuela ces dernières années. 

Sécurité

Au Venezuela, le journalisme évolue dans un climat restrictif. Il est courant pour les reporters d’être battus ou menacés lors de l’exercice de leur métier en période pré-électorale ou de conflit politique. Le ministère public et l’ombudsman étant sous le contrôle de Maduro, aucun d’eux ne contribue à garantir la sécurité des journalistes, et les actes de violence physique ou verbale à leur encontre font rarement l'objet d'une enquête.