Afrique
Burkina Faso
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Classement 2022
41/180
Score : 73,12
Indicateur politique
23
78.99
Indicateur économique
26
67.69
Indicateur législatif
52
75.58
Indicateur social
22
87.83
Indicateur sécuritaire
113
55.52
Classement 2021
37/180
Score : 76,83
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Alors que le Burkina Faso était considéré jusqu’à récemment comme l’une des réussites du continent africain pour la liberté de la presse, la montée de l’insécurité et l’instabilité politique liée au putsch de janvier 2022 - qui a renversé le président Kaboré - font peser de sérieux risques en matière de sécurité et d’accès à l'information pour les journalistes.

Paysage médiatique

Le Burkina Faso bénéficie d’un paysage médiatique dynamique, professionnel et pluraliste. Le pays compte 80 journaux (Sidwaya, L'Evénement, Le Pays), 185 radios (Omega FM), 32 chaînes de télévision (Radiodiffusion Télévision du Burkina, BF1) et 161 sites de presse en ligne (faso.net, Burkina 24). La culture du journalisme d’investigation est plutôt répandue, mais la dégradation des contextes sécuritaires et politiques entraîne une augmentation de l’autocensure et des pressions. 

Contexte politique

Bien que le libre exercice de la profession de journaliste soit une réalité au Burkina Faso, l’ancien gouvernement avait tendance à privilégier la lutte contre l’insécurité aux dépens de celle pour la liberté d’information. En mai 2021, un journaliste français et un réalisateur belge dûment accrédités ont été expulsés du pays alors qu’ils venaient y effectuer un reportage, au motif infondé de “menace à la sûreté de l’État”. Lors du coup d’État de janvier 2022, des perturbations dans les connexions à internet ont été constatées. 

Cadre légal

La liberté de la presse et le droit à l’information sont consacrés par la Constitution depuis 1991, et le délit de diffamation ne conduit plus à des peines d'emprisonnement. Néanmoins, il reste passible de lourdes amendes pouvant entraîner la fermeture pure et simple des médias concernés. La dégradation de la situation sécuritaire a conduit, en 2019, à une modification du code pénal, qui criminalise la diffusion d’informations sur les opérations militaires afin de “ne pas porter atteinte au moral des troupes". Il prévoit des peines allant jusqu’à 10 ans de prison et de fortes amendes. 

Contexte économique

Les médias burkinabè évoluent dans un contexte précaire, avec un faible lectorat et peu de publicité. Des difficultés accrues par la crise sanitaire due à la Covid-19, qui a entraîné une réduction drastique de leur distribution et des recettes publicitaires. 

Contexte socioculturel

Au Burkina Faso, le sujet le plus sensible reste la religion. Des groupes religieux très actifs surveillent et exercent une pression sur le débat public, constituant une menace pour la liberté d'expression et pouvant entraîner de l’autocensure. 

Sécurité

La sécurité des journalistes s’est considérablement dégradée au Burkina Faso ces dernières années. En avril 2021, pour la première fois depuis plus de 20 ans, deux journalistes, de nationalité espagnole, David Beriain et Roberto Fraile, ont été tués alors qu'ils étaient en reportage dans l’est du pays. De manière générale, les zones classées comme dangereuses sont difficiles d’accès, et depuis la fin de l’année 2020, les journalistes ne sont pas autorisés dans les sites d’accueil de déplacés internes, au prétexte de l’impossibilité d’y assurer leur sécurité. Enfin, les professionnels des médias sont parfois menacés et violentés lors de manifestations.