Site débloqué

Iwacu

Depuis la fermeture forcée des radios du pays sur ordre du président Pierre Nkurunziza en 2015, Iwacu est l’un des derniers médias libre au Burundi. Fondé en 2008, l’hebdomadaire privé est le journal le plus lu dans la capitale burundaise. Iwacu continuait à publier des informations indépendantes et fiables et contournait la censure grâce aux réseaux sociaux.

Mais comme d’autres sites d’informations en ligne burundais, l’hebdomadaire est devenu inaccessible: depuis le 10 octobre 2017, une page blanche indiquant un problème d’URL ou de site bloqué s’affiche à l’ouverture du site internet du journal, laissant même penser qu’il a été tout simplement fermé.


Les fournisseurs d’accès internet restent néanmoins silencieux, rejetant la responsabilité sur BBS (Burundi Backbone System). Cet opérateur d’infrastructures pour l’exploitation technique et la commercialisation des réseaux au Burundi nie toute implication dans le blocage des sites internet. Une complicité tacite est pourtant née entre certains fournisseurs d’accès et les autorités burundaises pour bloquer des médias en ligne qui ne s’alignent pas sur le gouvernement du président Pierre Nkurunziza. Depuis que ce dernier a décidé de se maintenir au pouvoir envers et contre tous, le blocage des sites internet est devenu une pratique courante qui s’ajoute à la campagne de harcèlements menée à l’encontre des journalistes.


Le directeur d’Iwacu, Antoine Kaburahe, a dû fuir son pays pour des raisons de sécurité et vit aujourd’hui exilé en Belgique depuis la tentative de putsch de mai 2015, au cours de laquelle les autorités ont refusé de distinguer les putchistes des journalistes qui continuaient d’informer la population sur la situation politique du pays. En 2016, Antoine Kaburahe, lors d’une soirée en hommage aux “héros de l’information RSF”, s’est vu décerné une médaille de la ville de Paris.