Burundi

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L'information indépendante menacée de disparition

Au Burundi, la situation est toujours aussi préoccupante depuis la tentative de coup d’État de mai 2015. La plupart des radios indépendantes demeurent fermées, des dizaines de journalistes se trouvent aujourd’hui encore contraints à l’exil, le discours public associe les médias non-alignés à des ennemis de la nation, et les journalistes, régulièrement harcelés par les forces de sécurité ou les milices proches du régime, peinent à travailler librement. Des « séances de moralisation » pour donner la ligne du régime ont été organisées à l'attention des journalistes. Elles ont parfois été animées par le président lui-même. Les stylos, micros et caméras y étaient interdits. Dans ce contexte, la peur, la résignation et l’autocensure ont largement gagné les rédactions. Et les journalistes qui tentent de traiter les sujets que le pouvoir aimerait passer sous silence en payent parfois le prix fort. En 2019, quatre reporters du groupe de presse Iwacu, l'un des derniers bastions de l'information indépendante, ont été arrêtés alors qu'ils n'avaient fait que leur métier en allant couvrir l'incursion d'un groupe de rebelles armés. Aucune enquête sérieuse n'a été menée sur l'un de leurs confrères, Jean Bigirimana, porté disparu depuis juillet 2016. Le paysage médiatique est de plus en plus verrouillé. Deux grandes radios internationales restent suspendues indéfiniment, et les accréditations sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les journalistes étrangers. Les réseaux sociaux, à la fois outils de travail des journalistes et sources d’information, ont pris le relais des radios muselées, sans pour autant être un rempart contre les tentatives, nombreuses, de désinformation.

160
au Classement mondial de la liberté de la presse 2020

Classement

-1

159 en 2019

Score global

+2,44

52,89 en 2019

  • 0
    journalistes tués en 2020
  • 0
    journalistes citoyens tués en 2020
  • 0
    collaborateurs tués en 2020
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