Afrique
Botswana
-
Classement 2022
95/180
Score : 58.49
Indicateur politique
86
56.97
Indicateur économique
116
37.24
Indicateur législatif
122
56.36
Indicateur social
85
69.75
Indicateur sécuritaire
75
72.11
Classement 2021
38/180
Score : 76.75
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Les exactions les plus graves contre les journalistes ont diminué ces dernières années au Botswana. Mais de nombreux obstacles entravent encore l’exercice du journalisme dans le pays.

Paysage médiatique

Les médias d'État sont encore loin de fournir une information de service public et restent sous l'influence du pouvoir. Un projet visant à transformer la radiotélévision d’État en média de service public plus indépendant du pouvoir a récemment été rejeté. Il existe un journal public et douze journaux privés, dont quatre appartiennent au seul groupe Mmegi Investment Holdings. Sur les cinq radios en activité, trois sont privées. Le pays compte également plusieurs chaînes de télévision privées, notamment en ligne.

Contexte politique

Les médias publics sont contrôlés par le pouvoir, le cabinet de la présidence déterminant la politique éditoriale de la radiotélévision. Le travail des médias privés audiovisuels est surveillé par l'Autorité de régulation des communications du Botswana (Bocra), qui dépend directement du gouvernement. Les autorités utilisent également la publicité, gérée par la présidence, pour exercer une pression politique sur les médias privés.

Cadre légal

Le cadre légal est encore extrêmement répressif au Botswana. Le président n’a toujours pas honoré sa promesse de réviser les lois liberticides comme le Media Practitioners Act de 2008, et la loi sur l’accès à l’information n’a toujours pas vu le jour. La crise sanitaire a entraîné un durcissement de l’arsenal législatif. Toute publication d’informations relatives à la Covid-19 provenant d’une autre source que le directeur des services de santé ou de l’OMS expose son auteur à une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

Contexte économique

Le développement des médias est limité par la taille réduite du marché publicitaire, dominé par l’importance de la commande publique. La répartition de la publicité n’est pas équitable, dépendant du degré d’alignement des médias sur la ligne gouvernementale. La perte des revenus publicitaires liée à la crise de la Covid-19 a alimenté l’autocensure des médias qui cherchent à conserver des annonceurs.

Contexte socioculturel

L’accès des femmes à des postes à responsabilité dans les médias est très faible. Un seul des treize journaux du pays est dirigé par une femme.

Sécurité

Après la détérioration alarmante de la liberté de la presse sous l’ancien président Ian Khama, la situation s’est nettement améliorée depuis 2018 et l’arrivée au pouvoir du président Mokgweetsi Masisi. Si les arrestations et détention de journalistes sont peu fréquentes, les services de sécurité peuvent se rendre coupables de violences contre les journalistes, notamment en marge des manifestations. Les services de renseignement utilisent des logiciels espions pour écouter les journalistes, qui sont fréquemment victimes de campagnes de discrédit sur les réseaux sociaux.