Les autorités militaires ne sont "plus dérangées" par les blogs qui les critiquent

Un porte-parole de l'armée a déclaré, le 22 mai, qu'elle abandonnait sa traque aux blogs "critiques à l'encontre de l'armée et des membres du gouvernement". Après avoir fermé l'accès à plusieurs d'entre eux le 17 mai, le colonel Pita Driti s'est ravisé et a déclaré que les autorités militaires "ne se sentaient plus concernées par les propos publiés dans ces blogs". Il a justifié son changement d'attitude en affirmant que les militaires avaient maintenant "la peau dure" et ne se sentaient "plus offensés par les critiques formulées à leur encontre". ------------------------------------- 21.05.07 - Le gouvernement provisoire ferme les sites qui critiquent l'armée ou les dirigeants du pays Reporters sans frontières condamne la décision des autorités militaires, le 17 mai 2007, de bloquer l'accès à des blogs "critiques à l'encontre de l'armée et des membres du gouvernement", sous prétexte qu'ils constitueraient un "danger pour la sécurité nationale". L'organisation dénonce une utilisation abusive de l'argument de la "sécurité nationale" afin d'exercer un plus grand contrôle sur Internet. "Cette mesure est sans précédent aux Fidji. Dans un pays où la presse est déjà régulièrement menacée par les autorités, cette nouvelle politique de filtrage du Net est inquiétante", a déclaré l'organisation. Le colonel Pita Driti, commandant de l'armée de terre, a annoncé que l'accès aux sites d'informations et aux blogs qui contiennent "des mensonges et représentent une menace pour la sécurité nationale" serait rendu impossible à compter du 17 mai 2007. Plusieurs blogs étaient inaccessibles dès le 18 mai, parmi lesquels resistfrankscoup et fijishamelist, mais beaucoup ont changé d'adresse afin de contourner cette censure. Le colonel Pita Driti a précisé que "l'état d'urgence était toujours d'actualité et que les gens doivent être conscients que certaines libertés doivent être restreintes, y compris la liberté d'expression. Quand nous aurons trouvé ces blogueurs, nous les conduirons dans nos quartiers militaires et leur expliquerons ce en quoi leurs propos constituent une menace pour le pays". En décembre 2006, le chef des armées, Franck Bainimarama, a pris le pouvoir. Il a déclaré vouloir accorder une certaine indépendance aux médias, tout en s'assurant de pouvoir "faire obstacle à ceux qui tenteraient de profiter de la situation pour inciter les gens à troubler la paix qui règne actuellement". Depuis ce coup d'État, de nombreux opposants ont été détenus, menacés et, parfois, battus. ------------------------------ Lisez notre revue de blog internationale et créez votre blog chez Reporters sans frontières !
Publié le
Updated on 20.01.2016