Irlande

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Une concentration nuisible et une réforme de la loi sur la diffamation nécessaire

La très forte concentration médiatique en Irlande représente toujours une menace majeure pour la liberté de la presse. Le groupe Independent News and Media (INM) détient une large part du marché des quotidiens et des journaux du dimanche. Le secteur de la radiodiffusion est lui dominé par l’entreprise semi-publique RTE. Les fréquentes poursuites pour diffamation, et les dommages et intérêts extrêmement élevés accordés par les tribunaux irlandais mettent également sérieusement la liberté de la presse à mal. En novembre, le ministre de la Justice a demandé une révision de la loi sur la diffamation pour début 2020 – un réexamen qui n’a que trop tardé et qui se révèle aujourd’hui urgent puisque ce réexamen avait été prévu dans les cinq ans suivant l’adoption de la loi en 2009. En 2017, la Cour européenne des droits de l’homme a conclu que l’octroi de 1,25 million d’euros de dommages-intérêts dans le cas d’une affaire pour diffamation était une violation du droit à la liberté d’expression. Ces montants exorbitants, combinés à la crainte de frais de justice élevés, ont mené à l’établissement d’un climat d’autocensure dans lequel les personnes connues pour recourir à ces procédures deviennent intouchables par les médias irlandais. En mai, un juge de la Haute Cour de justice a cassé une décision du commissaire à l’information selon laquelle l’université de Cork devait répondre à une demande d'accès à l’information de RTE, portant ainsi atteinte au principe de divulgation. Le Communications Act de 2011 consacré à la rétention de données devait être réexaminé et remplacé, bien qu'aucune loi n'ait été présentée, et que la proposition de loi de 2017 ait été critiquée faute d'établir une protection adéquate pour les journalistes. Enfin, il est devenu presque impossible d'interviewer une source policière depuis l'entrée en vigueur du Garda Siochana Act de 2005, qui interdit aux policiers de parler avec les journalistes sans autorisation préalable, sous peine de perdre leur travail ou de condamnations allant de la simple amende jusqu’à sept ans de prison. L’abrogation du délit de blasphème, décidé par référendum en octobre 2018, est une initiative bienvenue pour la liberté de la presse.

13
au Classement mondial de la liberté de la presse 2020

Classement

+2

15 en 2019

Score global

-2,40

15 en 2019

  • 0
    journalistes tués en 2020
  • 0
    journalistes citoyens tués en 2020
  • 0
    collaborateurs tués en 2020
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