Guerre en Ukraine : les deux correspondants danois blessés par balles ont été évacués

Bien que sérieusement blessés par des tirs délibérés, les deux reporters danois ont survécu. Ils ont été évacués du territoire ukrainien et sont en route pour leur pays d’origine. Reporters sans frontières (RSF) réitère son appel à mettre tout en œuvre pour garantir la sécurité des reporters sur le terrain.

Читать на русском / Lire en russe

 

Ils se rendaient dans une école maternelle visée par les bombes quand leur voiture a essuyé des tirs. Ce 26 février, le reporter Stefan Weichert et son collègue photographe Emil Filtenborg Mikkelsen en reportage pour le journal danois Ekstra-Bladet dans la ville d'Ohtyrka, dans le nord-est de l'Ukraine, ont été gravement blessés malgré leur gilet pare-balle. Le premier a été blessé à l'épaule et le second a été touché par trois balles. Après s'être éloignés des assaillants, ils ont dû contenir les hémorragies de leurs plaies en attendant à côté de leur voiture d'être transférés d'urgence à l'hôpital. 

 

Les deux journalistes, arrivés en Ukraine il y a 2 ans pour couvrir la situation dans le pays, ont d'abord été hospitalisés à Poltava, d'où ils pouvaient entendre depuis leur chambre les bombardements de l’aviation russe. Bien que leur état de santé soit stabilisé, ils ne pouvaient pas se déplacer en voiture à cause de leurs blessures, ont-ils témoigné auprès de leur journal le lendemain, et la fermeture de l'espace aérien ukrainien empêchait toute possibilité d'évacuation aérienne.

 

“Ces deux journalistes danois sont les premiers à être grièvement blessés pour avoir couvert l'invasion de l’Ukraine par l’armée russe, ces tirs auraient pu leur être fatals, déplore Jeanne Cavelier, la responsable du bureau Europe de l'Est - Asie centrale de RSF. Nous demandons à tous les belligérants de s'engager à respecter la sécurité des journalistes dont le rôle est primordial pour continuer à documenter la situation sur le terrain."

 

 

À mesure que la confrontation armée prend de l’ampleur dans le pays, il est de plus en plus dangereux pour les journalistes de couvrir le conflit. L’un d'eux, qui suit la situation depuis Kiev, nous a confié qu’il devenait bien plus compliqué d’approcher les groupes qui se sont formés pour défendre le territoire ukrainien : face aux informations circulant sur la présence de saboteurs russes dans les rues, la méfiance s’accroît à l’égard des inconnus, y compris des journalistes.

 

 

Dix journalistes ont perdu la vie dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine, au plus fort des combats, entre 2014 et 2016. Pour renforcer la sécurité des reporters en zone de guerre, RSF a mis à leur disposition un guide pratique qui répertorie de nombreux conseils à mettre en œuvre dans le cadre de leur travail. L’Institute of Mass Information a également publié avant l’invasion une liste de conseils aux journalistes. 

 

 

L'Ukraine occupe la 97e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF. La Russie se situe à la 150e position.

Publié le 01.03.2022
Mise à jour le 04.03.2022