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18 janvier 2017

Un journaliste emprisonné après un nouveau procès inique en Azerbaïdjan

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la condamnation du journaliste azerbaïdjanais Afgan Sadygov à deux ans et demi de prison ferme sur la base de fausses accusations.

Le 12 janvier 2016, la cour de justice de Djalilabad, dans le sud-est de l’Azerbaïdjan, a condamné le principal animateur du site d’information régional azel.tv, Afgan Sadygov, à deux ans et demi de réclusion criminelle pour coups et blessures. Le journaliste est accusé d’avoir agressé une femme le 9 août 2016 à 10 heures du matin en sortant du bureau du chef de l’exécutif local où il avait été convoqué « pour discuter ». La victime présumée dit avoir perdu connaissance sous la violence des coups et aurait été transportée encore inconsciente à l’hôpital, où elle se serait réveillée plusieurs jours plus tard. Lors de la première audience, l’avocat de la défense a démontré que la plaignante n’avait été admise à l’hôpital qu’à 15h30 et qu’elle avait signé son dépôt de plainte le jour même. Les quatre témoins à charge sont tous des employés de la même administration locale, dont deux adjoints du chef de district. Par ailleurs, la cour a refusé d’accéder à la demande de la défense d’exploiter les images capturées par des caméras de surveillance installées sur les lieux.


« Ce procès est une nouvelle mascarade qui viole le droit à un procès équitable et la liberté de la presse, garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme et le Pacte international relatif au droits civils et politiques, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale chez RSF. La justice et le gouvernement azerbaïdjanais ont pour obligation de respecter les accords qu’ils ont signés, sous peine de sanctions. Afgan Sadygov doit être libéré et les accusations sans fondement portées contre lui doivent être rejetées en appel. »


Afgan Sadygov animait un site d’information traitant de dysfonctionnements politiques à Djalilabad et dans les régions voisines – mauvaise qualité des routes, mauvais entretien des infrastructures ou encore gaspillage d’argent public.


Le régime d’Ilham Aliyev a régulièrement recours à ce genre d’accusations fallacieuses pour faire taire les journalistes et blogueurs critiques. Les cas de Faïg Amirov ou de Seymour Khazi illustrent cette tendance. Et lorsqu’un journaliste choisit l’exil pour continuer à dénoncer les injustices perpétrées par le gouvernement, ces méthodes peuvent être appliquées à des membres de sa famille.


L’Azerbaïdjan occupe la 163ème place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2016.