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12 janvier 2018

RSF s’inquiète des pressions exercées par des partis politiques sur les médias publics slovaques

Siège de la RTVS à Bratislava / DR
Reporters sans frontières (RSF) dénonce les attaques récentes et répétées du parti SNS contre la télévision et radio publiques slovaques qui portent atteinte à l’indépendance de ces médias publics.

La nouvelle direction du radiodiffuseur public RTVS a suspendu cette semaine “Reporteri”, le seul magazine d’investigation du pays après la diffusion dans l’émission d’un reportage critique envers une organisation culturelle financée par des fonds publics et proche du parti SNS, un parti membre de la coalition au pouvoir. Dans la foulée, la direction de la RTVS s’en est pris à un autre magazine "Dejiny.sk" critiqué par le parti SNS et a remanié sur le champ l’équipe en charge de le produire.


Le Premier ministre slovaque Robert Fico, membre du Smer-SD, principal parti de la coalition gouvernementale, est coutumier des attaques virulentes contre les médias slovaques. En 2016, il s’était illustré en traitant des reporters de “sales prostituées anti-slovaques”, les accusant de nuire à la présidence slovaque de l’Union européenne alors que ceux-ci l'interrogeaient sur sa gestion des fonds publics. En décembre dernier, il leur reprochait de pratiquer un deux poids deux mesures à son égard et les traitait copieusement “d’ignorants” proposant même de leur montrer comment mener une enquête.


"Les attaques répétées de certains responsables politiques slovaques contre les médias privés et les atteintes brutales à l’indépendance éditoriale des médias publics sont indignes d’une démocratie qui se hisse aujourd’hui au 17e rang du Classement de la liberté de la presse de RSF, déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF. Elles ne correspondent pas non plus à l'ambition des autorités de faire de la Slovaquie “une île pro-européenne dans une région eurosceptique”.



Le pays se situe aujourd’hui à la 17e place du Classement mondial 2017 de la liberté de RSF, ayant perdu cinq places par rapport à l’année précédente.