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3 août 2021 - Mis à jour le 4 août 2021

RSF exige une enquête rigoureuse après l’assassinat du journaliste guatémaltèque Pedro Alfonso Guadrón Hernández

Reporters sans frontières (RSF) déplore la mort du journaliste Pedro Alfonso Guadrón Hernández, assassiné près de son domicile, dans la petite ville de Concepción Las Minas au sud du pays et appelle les enquêteurs à ne pas négliger la piste professionnelle.

Dans la nuit du 30 juillet, des hommes armés ont ouvert le feu sur le journaliste Pedro Alfonso Guadrón Hernández près de son domicile, dans la petite ville de Concepción Las Minas (département de Chiquimula) au sud du Guatemala. Âgé de 30 ans, Pedro Alfonso Guadrón Hernández était le fondateur de la page Facebook Concepción Las Minas mi Tierra sur laquelle il relatait l’actualité locale telles que les manifestations anti-gouvernementales, les cas de corruption locale, le narcotrafic ou encore les accidents de la route. Il a succombé à ses blessures à l'hôpital de Chiquimula. 


Le Ministère public a annoncé l’ouverture d’une enquête. Selon l’Association des journalistes guatémaltèques (APG), Pedro Alfonso Guadrón Hernández avait porté plainte auprès de la police nationale civile après avoir reçu des menaces de mort. L’enquête est en cours pour déterminer si ces menaces ont un rapport avec l’activité journalistique du Guatémaltèque. 


“Les journalistes de presse locale jouent un rôle essentiel dans ces régions où l’information de proximité est souvent invisibilisée par les médias nationaux. Malheureusement, ces mêmes journalistes sont aussi particulièrement vulnérables aux représailles, déplore le responsable du bureau Amérique Latine de RSF, Emmanuel Colombié. Nous exhortons les autorités à  mener une enquête exhaustive sur l’assassinat du journaliste Pedro Alfonso Guadron Hernandez et nous demandons à ce que aucune piste ne soit negligée, y compris les pistes liées à son activité d’information.”


Pedro Alfonso Guadron Hernandez est le premier journaliste assassiné au Guatemala depuis le début de l’année. Les précédents assassinats de journalistes remontent au mois de février 2018, lorsque les corps des journalistes Laurent Castillo et Luis Alfredo de León avaient été retrouvés dans le sud-ouest du pays. 


Le Guatemala est miné par le crime organisé et la corruption. Aussi, depuis son investiture en janvier 2020, le président du Guatemala, Alejandro Giammatte, a adopté une rhétorique très agressive envers la presse, appuyée par des fausses accusations et des attaques verbales, et orchestrant des humiliations publiques de journalistes. Le 29 juillet des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour demander sa démission.


Le Guatemala occupe la 116e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.