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27 septembre 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2016

RSF demande justice après la découverte du corps du journaliste sud-soudanais Isaac Vuni

Crédit : Anadolu Agency / Getty Images
Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’assassinat du journaliste indépendant Isaac Vuni et demande aux autorités sud-soudanaises de faire toute la lumière sur ce crime, près de quatre mois après son enlèvement par des hommes armés à son domicile de Kerepi, dans le nord du pays.

Le corps du journaliste sud-soudanais Isaac Vuni a été retrouvé lundi 26 septembre, abandonné dans une ferme près de Kerepi, dans le nord du pays, à proximité de la frontière ougandaise, ont annoncé ses proches au journal indépendant Sudan Tribune.


Isaac Vuni et son frère Andruga avaient été enlevés dans la soirée du 4 juin 2016 par plusieurs inconnus armés à leur domicile. D’après un témoin interrogé à l’époque par le site d’informations South Sudan Liberty News, les ravisseurs étaient vêtus des mêmes treillis que les éléments du “Tiger Battalion”, la garde rapprochée du président Salva Kiir. L’enlèvement n’a jamais été revendiqué et le frère d’Isaac n’a toujours pas été retrouvé. Il semblerait que le journaliste ait été tué rapidement après son enlèvement.


Le journaliste indépendant et collaborateur du Sudan Tribune était depuis plusieurs années sous la surveillance des forces de sécurité sud-soudanaises. Déjà arrêté le 29 juillet 2009 à Juba après la publication d’un article révélant l’implication de membres de l’Armée de libération (SPLA) et du gouvernement sud-soudanais dans un scandale financier, il avait été brutalisé alors qu’il était détenu au secret du 28 mars au 2 mai 2011 au commissariat de police de la capitale, au cours d’une vague de répression contre les journalistes sud-soudanais.


“RSF condamne l’assassinat du journaliste Isaac Vuni et demande aux autorités d’ouvrir une enquête afin d’identifier et traduire en justice les responsables de ce crime ignoble, déclare Cléa Kahn Sriber, responsable du Bureau Afrique de RSF. Au moment de l’enlèvement, les autorités se sont distinguées par leur absence de réaction, ce silence ne peut plus durer. Il doit être mis un terme à l’impunité généralisée qui règne dans le pays et qui rend ce type d’exactions possibles.”


Médias et journalistes sont la cible constante de violences de la part des autorités depuis le début du conflit civil en 2013. Les autorités sud-soudanaises et en particulier les services de renseignement ont fait de la détention au secret leur stratégie privilégiée pour faire taire les voix de l’information. RSF avait déjà dénoncé la détention au secret depuis plus de deux ans par les services de renseignement à Juba de George Livio (Radio Miraya) ou encore celle d’Alfred Taban le 22 juillet 2016 après la publication d’un article appelant les gouvernants à appliquer l’accord de paix.


En 2016, le Soudan du Sud a perdu 15 places par rapport au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2015 par Reporters sans frontières. Le pays occupe désormais la 140è place sur 180.