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26 février 2018 - Mis à jour le 28 février 2018

RSF condamne avec la plus grande fermeté le meurtre du journaliste d’investigation slovaque Ján Kuciak

Ján Kuciak, journaliste de renom travaillant pour le site Aktuality.sk, a été assassiné ce week-end. RSF condamne cet assassinat qui frappe une nouvelle fois un journaliste d’investigation au sein de l’Union européenne et appelle les autorités à punir les auteurs de cet acte odieux.

Ján Kuciak -27 ans- et sa compagne ont été abattus de plusieurs balles à Veľká Mača, à 50 kilomètres de la capitale de la Slovaquie, Bratislava. La disparition du journaliste d’investigation a été confirmée par le ministère de l’intérieur au journal Dennik N, lundi 26 février au matin. Ján Kuciak s’était spécialisé dans les enquêtes portant sur des affaires de fraude fiscale à grande échelle. Son dernier article portait d’ailleurs sur les activités de Marián Kočner, un entrepreneur slovaque controversé en raison de ses liens avec plusieurs responsables politiques.


Une nouvelle fois au sein d'un pays de l’Union européenne, un journaliste d'investigation est lâchement assassiné, déplore Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de Reporters sans frontières. Nous demandons l’ouverture d’une enquête afin de comprendre les circonstances exactes de la mort et réclamons des autorités qu'elles fassent toute la lumière sur cette affaire, d'autant que Ján Kuciak et ses proches avaient fait l'objet de menaces ces derniers mois."


C’est la cinquième fois en dix ans qu’un journaliste est assassiné dans l’Union européenne. Le meurtre de Ján Kuciak survient après celui de la journaliste d'investigation et blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia le 16 octobre 2017, le massacre des sept journalistes de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris, l’assassinat du journaliste grec Socratis Guiolias, abattu à l’arme automatique devant son domicile en 2010 et celui du Croate Ivo Pukanic, tué dans l’explosion de sa voiture devant les bureaux de son journal en 2008.


La Slovaquie se situe aujourd’hui à la 17e place du Classement mondial de la liberté da la presse 2017 de RSF, ayant perdu cinq places par rapport à l’année précédente.