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23 avril 2020 - Mis à jour le 24 avril 2020

La Chine, parmi les derniers au Classement RSF, soutient contre toute évidence que les journalistes étrangers sont « les bienvenus »

PHOTO: GREG BAKER / AFP
Mécontente de son 177e rang sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse, la Chine soutient que les journalistes étrangers sont « les bienvenus ». Reporters sans frontières (RSF) rappelle que le régime harcèle les correspondants de presse et vient d’expulser 13 d’entre eux.

Suite à la publication par RSF le 21 avril du Classement mondial de la liberté de la presse 2020, dans lequel la Chine stagne au 177e rang sur 180, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Geng Shuang, a assuré lors d’un point de presse que les journalistes étrangers étaient « les bienvenus » et a accusé RSF de diffuser des « fake news » en raison de « préjugés » contre son pays.


Loin d’être accueillant vis-à-vis des correspondants étrangers, le régime de Pékin fait au contraire tout ce qu’il peut pour les intimider, les harceler et les surveiller ainsi que leurs sources, comme le montrent de nombreux rapports publiés par RSF et d'autres ONG. Le mois dernier, les autorités chinoises ont expulsé pas moins de 13 journalistes travaillant pour le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, tout en orchestrant dans le même temps une campagne mondiale de désinformation visant à faire oublier leur responsabilité dans la propagation de l’épidémie de coronavirus, du fait de la censure.


« Le seul préjugé que Pékin peut attribuer à RSF, organisation internationale de défense du journalisme, est de considérer que les violations de la liberté de la presse ne sont en aucun cas légitimes, réplique Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui enjoint le régime de Pékin à « respecter sa propre constitution, dont l’article 35 prévoit expressément la liberté de la presse et n’a malheureusement jamais été appliqué. »


Ces dernières années, le président Xi Jinping et le Parti communiste chinois ont resserré leur emprise sur les médias publics et privés chinois, renforcé la surveillance des réseaux sociaux et entrepris d’exporter leur modèle répressif, comme le démontre un rapport de RSF publié l'an dernier.


RSF est une organisation internationale, non gouvernementale et à but non lucratif qui défend le journalisme et la liberté d'information. Depuis 2002, l’organisation publie chaque année le Classement mondial RSF de la liberté de la presse, basé sur des données factuelles, qui est utilisé en référence par les gouvernements, les médias et les ONG du monde entier.


En 2020, la Chine reste la plus grande prison de journalistes au monde avec plus de 109 d'entre eux derrière les barreaux.