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10 septembre 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux ans et demi de prison pour le blogueur Dieu Cay : une condamnation “injuste et infondée” selon Reporters sans frontières


Le 10 septembre 2008, le blogueur Nguyen Hoang Hai, plus connu sous le nom de Dieu Cay, a été condamné à deux ans et demi de prison pour “fraude fiscale” par un tribunal d'Hô Chi Minh-Ville."Nous condamnons cette décision totalement injuste et infondée”, a déclaré Reporters sans frontières.
Le 10 septembre 2008, le blogueur Nguyen Hoang Hai, plus connu sous le nom de Dieu Cay, a été condamné à deux ans et demi de prison pour “fraude fiscale” par un tribunal d'Hô Chi Minh-Ville. Les journalistes étrangers n'ont pas été admis au tribunal. “Ce verdict montre à quel point la justice vietnamienne est dépendante du pouvoir exécutif. Le motif d'“évasion fiscale” dont est accusé Dieu Cay n'est qu'un prétexte pour faire taire sa voix, jugée trop critique à l'égard du gouvernement. Nous condamnons cette décision totalement injuste et infondée”, a déclaré l'organisation. L'un de ses avocats a confié à Reporters sans frontières que cette sentence était très lourde. Lors du procès, il a notamment démontré que la police n'avait pas respecté la procédure habituelle. “Dieu Cay a été arrêté avant même que les autorités vérifient le montant de la fraude. Das ce genre d'affaire, il est d'abord demandé au fraudeur de payer l'amende. Il ne sera arrêté que s'il ne peut donner l'argent. Or, il n'a jamais été demandé à Dieu Cay de payer. Dans ma plaidoierie, j'ai mis le rôle de la police en cause. Le juge lui-même m'a reproché de critiquer les autorités. Cette condamnation est une honte pour la justice vietnamienne“, a t-il déclaré à l'organisation. Toujours selon lui, “il s'agit d'une mise en scène grotesque” car la peine avait été fixée à l'avance, et l'assistance était composée de “figurants”, installés bien avant le début du procès. Il a décidé de faire appel dans dix jours. Dieu Cay a été arrêté à Hô Chi Minh-Ville le 19 avril dernier, sans motif. Les autorités l'ont inculpé de “fraude fiscale“ cinq jours plus tard. D'après le témoignage de son fils (cf. plus bas), Dieu Cay était étroitement surveillé depuis sa participation, début 2008, à des manifestations à Hô Chi Minh-ville pour protester contre la politique chinoise dans les archipels des Paracels et Spratley. Sa famille est harcelée par la police et ses biens ont été saisis. ------------------------- 09.09 - Reporters sans frontières demande la clémence des juges envers le cyberdissident Dieu Cay
“Tu sais, au Viêt-nam, il y a quatre catégories de personnes : - celles qui ne savent rien et ne disent rien - celles qui savent et ne disent rien - celles qui en savent trop mais qui ont peur de parler - celles qui savent, qui parlent et qui paient” Nguyen Tri Dung, fils du blogueur Dieu Cay détenu depuis le 19 avril 2008 à Saigon (Viet-nam), dans un entretien accordé à un journaliste étranger qui a souhaité rester anonyme.
Le procès pour “fraude fiscale” du blogueur Ngyuen Hoang Hai, plus connu sous le nom de Dieu Cay, se tient le 10 septembre 2008 à Saigon. Reporters sans frontières appelle la justice vietnamienne à ne pas le condamner à une peine de prison. Sa famille est actuellement harcelée par la police et ses biens ont été saisis. “Le procès de Dieu Cay est un test très important pour la crédibilité de la justice vietnamienne. Saura-t-elle reconnaître que l'accusation est sans fondement ? La Constitution du Viêt-nam protège la liberté d'expression, mais le Parti communiste ne tolère pas la critique. Nous appelons les juges à se placer du côté de la loi et à relaxer le cyberdissident Dieu Cay", a affirmé l'organisation. Dieu Cay a été arrêté sans motif le 19 avril dans la ville de Dalat (sud du pays). Il a été inculpé de “fraude fiscale” deux jours plus tard et la police a perquisitionné son domicile le 24 avril. Depuis sa participation, début 2008, à des manifestations à Hô Chi Minh-ville pour protester contre la politique chinoise dans les archipels des Paracels et Spratley, il était étroitement surveillé. D'après l'enquête, Dieu Cay ne paye pas d'impôt depuis dix ans pour les locaux qu'il occupe. En réalité, il les loue à la Hanoi Eyeswear Co, selon un arrangement autorisé par la loi vietnamienne, en vertu duquel la compagnie devait s'acquitter elle-même des impots concernés. Sur son blog, Dieu Cay publiait des articles traitant des manifestations organisées dans le monde pour s'opposer à l'entrée de la flamme olympique dans les différentes villes parcourues, notamment à Hô Chi Minh-ville. Les autorités l'avaient alors menacé de laisser des agents chinois le tuer. Dieu Cay est le fondateur du “club des journalistes libres” (Free vietnamese journalists club), dont certains membres sont régulièrement victimes de menaces et d'arrestations. Fondé en 2007, il traite principalement de deux sujets : la corruption et les droits de l'homme. L'un de ces journalistes, qui a voulu rester anonyme, a perdu son emploi à la demande du gouvernement et craint d'être arrêté pour “divulgation d'informations à l'étranger dans le but de renverser le gouvernement” pour avoir répondu à des interviews pour des médias étrangers. D'après le témoignage que son fils, Nguyen Tri Dung, a donné à un journaliste étranger, la police vietnamienne harcèle sans relâche la famille de Dieu Cay : “Les policiers nous convoquent tout le temps (...). Il y a toujours des types qui nous suivent (...). J'ai dû les voir tellement souvent que je sais que ce qui s'est passé n'est pas normal. Vous savez, nous avons deux maisons. Il les ont fermées et nous ne pouvons plus les louer. Mais elles nous appartiennent. Les policiers sont également allés voir nos voisins en leur disant que mon père travaillait pour des personnes mauvaises. Mon père a dénoncé certaines personnes qui veulent garder le pouvoir et traitent mal les gens. Ces personnes l'ont accusé de trahir le pays.“ Le Viêt-nam figure dans la liste des “Ennemis d'Internet“ publiée par Reporters sans frontières. À en croire l'évolution de la gestion d'Internet, le pays copie le modèle chinois. Il compte à présent neuf cyberdissidents emprisonnés. En savoir plus