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8 février 2021

Chine : un an après le début de l'épidémie de Covid-19, sept journalistes toujours en détention pour avoir couvert la crise sanitaire

PHOTO: LEO RAMIREZ / AFP
Arrêtés alors qu’ils tentaient d’informer de la réalité d’une épidémie naissante dans la région de Wuhan il y a un an, sept journalistes et commentateurs chinois sont toujours emprisonnés. Reporters sans frontières (RSF) appelle à leur libération et à une intensification de la pression internationale sur le régime de Pékin.

Depuis l’apparition de l’épidémie de Covid-19 en Chine il y a un an, le régime chinois redouble d’efforts pour censurer l’information dans les médias et les réseaux sociaux. Au moins dix journalistes et commentateurs ayant couvert la crise sanitaire ont été arrêtés l’année dernière. Sept d'entre eux sont toujours détenus ou portés disparus à ce jour : Zhang Zhan, Ren Zhiqiang, Guo Quan, Cai Wei, Chen Mei, Chen Qiushi et Fang Bin.


« Informer le public sur une crise sanitaire sans précédent n'est pas un crime ! Ces journalistes n'auraient jamais dû être arrêtés », s’indigne le directeur du bureau Asie de l’Est de RSF, Cédric Alviani, qui demande leur libération et appelle la communauté internationale « à intensifier la pression sur le régime de Pékin pour qu'il libère tous les journalistes emprisonnés en Chine et mette fin à la censure. »


Sur les septs journalistes et commentateurs maintenus en détention depuis près d’un an, seulement deux d’entre eux ont été jugés et condamnés : 

  • L'ancienne avocate devenue journaliste Zhang Zhan, 37 ans, a été condamnée le 28 décembre dernier à quatre ans de prison pour avoir « attisé des querelles et provoqué des troubles » lorsqu’elle couvrait l’épidémie de Covid-19 en direct depuis la ville de Wuhan, en février 2020.
  • Le commentateur politique Ren Zhiqiang, 69 ans, a été condamné le 22 septembre 2020 à 18 ans de prison pour « corruption » après avoir mis en cause le régime pour sa gestion de la pandémie.
  • Le commentateur politique Guo Quan, 52 ans, est détenu depuis le 31 janvier 2020 dans la ville de Nanjing pour « subversion du pouvoir de l'État » après avoir publié des informations sur la pandémie. 
  • Les défenseurs de la liberté de la presse Cai Wei et Chen Mei, tous deux âgés de 27 ans, ont été arrêtés le 19 avril sous l’accusation « d’avoir attisé des querelles et provoqué des troubles » après avoir remis en ligne des articles de presse traitant de l’épidémie et doivent comparaître devant les tribunaux en avril 2021.
  • Le journaliste indépendant Chen Qiushi, 35 ans, a été placé de force en quarantaine le 6 février 2020 et serait toujours détenu à ce jour pour avoir partagé sur son blog des vidéos révélant le chaos ambiant dans les hôpitaux à Wuhan.
  • L’homme d'affaires devenu reporter Fang Bin a pour sa part disparu le 9 février 2020 après avoir documenté l’état de saturation des hôpitaux de la ville de Wuhan et serait aujourd'hui encore détenu, bien que le régime n’ait pas communiqué à son sujet.


La Chine, qui a lancé une véritable campagne mondiale de désinformation destinée à faire taire les voix critiques sur l’ensemble de son territoire, est la plus grande prison au monde pour les journalistes avec au moins 119 détenus. Le pays stagne au 177e rang sur 180 pays dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse.