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5 septembre 2018 - Mis à jour le 10 septembre 2018

Chine: blocage du site internet de la chaîne publique australienne ABC

PHOTO: ABC / POWER AND INFLUENCE: THE HARD EDGE OF CHINA'S SOFT POWER
La chaîne publique australienne ABC s’est plaint lundi du blocage récent de son site internet sur le territoire chinois. Reporters sans frontières (RSF) dénonce la censure toujours plus stricte des médias étrangers en Chine.

L’accès au site internet et aux applications mobiles de la chaîne publique australienne ABC (Australian Broadcasting Corporation) est bloqué en Chine depuis une dizaine de jours, a indiqué lundi 3 septembre la direction du groupe.


Le Bureau de la Commission centrale des affaires du cyberespace, une autorité contrôlée par le président chinois Xi Jinping, a confirmé qu’il avait placé ABC dans la catégorie des médias “causant du tort à la fierté nationale” et devant être par conséquent bannis.


Cause probable de la colère de Pékin: la couverture critique de l’actualité chinoise par la chaîne australienne, en particulier la publication en 2017 d’un dossier dénonçant l’influence croissante du Parti communiste chinois (PCC) en Australie.


Reporters sans frontières (RSF) dénonce la censure toujours plus stricte des médias étrangers en Chine. “Compte tenu de la mainmise du pouvoir sur les médias, les sites étrangers comme celui d’ABC sont les seuls à fournir aux citoyens chinois une information indépendante, rappelle Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF. En ajoutant ABC à sa liste noire, qui compte déjà plus de 8 000 noms de domaine, le régime de Pékin confirme sa volonté de maintenir ses citoyens dans l’ignorance.”


De source officielle, la censure et la surveillance de l’internet en Chine emploient au moins deux millions de personnes et la “grande muraille numérique” tient les 800 millions d’internautes chinois à l’écart de nombreux sites d’information étrangers, dont notamment Wikipedia, le New York Times, la BBC et Bloomberg News.


La Chine occupe le bas du Classement RSF mondial de la liberté de la presse 2018 (176e sur 180 pays).