Un journaliste, otage depuis six mois, est tué lors d'un affrontement en Aceh

Le reporter Ersa Siregar de la chaîne RCTI a été tué lors d'un échange de tirs entre des rebelles séparatistes et des soldats indonésiens. Il avait été pris en otage, en juin dernier, par des rebelles, en compagnie de son cameraman, Ferry Santori, dont on est toujours sans nouvelles.

Ersa Siregar, reporter pour la chaîne de télévision Rajawali Citra Televisi (RCTI), a été retrouvé mort, le 29 décembre 2003, dans l'est de la province d'Aceh (nord de l'île de Sumatra) après un échange de tirs entre des rebelles du Mouvement Aceh Libre (GAM) et des militaires indonésiens. Le journaliste, ainsi que deux membres de son équipe, étaient retenus en otages par les rebelles indépendantistes depuis six mois. Reporters sans frontières déplore la mort d'Ersa Siregar. Depuis que la province d'Aceh est soumise à la loi martiale, les journalistes qui couvrent le conflit paient un lourd tribut. L'organisation demande aux belligérants de prendre des dispositions afin de garantir la sécurité et la liberté de mouvement des journalistes dans la région. Reporters sans frontières regrette vivement que le gouvernement n'ait pas écouté les recommandations de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'Alliance of Independent Journalists (AJI, indonésien) qui avaient négocié avec les séparatistes du GAM une libération de Ersa Siregar et son équipe. Le corps du journaliste a été retrouvé, le 29 décembre, suite à un affrontement entre des rebelles du GAM et des militaires indonésiens. Agé de 52 ans, il travaillait depuis 1993 pour la chaîne de télévision RCTI. Le 29 juin dernier, Ersa Siregar avait été pris en otage avec son cameraman Fery Santoro et leur chauffeur, dans le district de Peureulak (est de la province d'Aceh) par des rebelles qui les accusaient d'"espionnage". Depuis, de nombreux journalistes indonésiens et des organisations de défense des droits de l'homme s'étaient mobilisés pour mettre fin à cette prise d'otages. Le 4 novembre, une centaine de journalistes avaient manifesté à Jakarta devant le ministère des Affaires politiques et de la Sécurité exigeant que tout soit mis en œuvre pour obtenir leur libération. En décembre, la FIJ et l'AJI avaient demandé au gouvernement indonésien d'autoriser une délégation de journalistes et de la Croix-rouge internationale à se rendre en Aceh afin de finaliser la libération des reporters de RCTI. Selon la FIJ, le GAM avait donné un accord de principe pour la libération d'Ersa Siregar et de son équipe. Début décembre, leur chauffeur était parvenu à s'échapper, mais on est toujours sans nouvelles du cameraman Fery Santoro. Depuis le 19 mai, date de l'imposition de la loi martiale dans la province d'Aceh, Ersa Siregar est le second journaliste victime de ce conflit qui oppose le GAM et les forces de sécurité. En juin, Mohamad Jamaluddin, cameraman de la chaîne de télévision publique TVRI, a été assassiné à Banda Aceh (capitale de la province) pour des raisons encore inconnues.
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Mise à jour le 20.01.2016