RSF s’inquiète du sort d’un ancien journaliste détenu au secret et demande sa libération immédiate

Au Turkménistan, après avoir été convoqué et torturé par les forces de l’ordre quelques jours plus tôt, l’ancien correspondant de Radio Azatlyk – service en turkmène de Radio Free Europe / Radio Liberty – a de nouveau été arrêté le 1er décembre. Depuis, sa famille reste sans nouvelles. Reporters sans frontières (RSF) appelle à sa libération immédiate.

Sa famille attend toujours des nouvelles : arrêté à son domicile le 1er décembre pour une raison inconnue, Khoudaïberdy Allachov est détenu au secret au Turkménistan. Quelques jours auparavant, l’ancien correspondant de Radio Azatlyk, filiale en langue turkmène du média américain Radio Free Europe / Radio Liberty (RFE/RL), avait été convoqué au poste de police local, dans la région de Dachogouze, dans le nord du pays. Selon son ancien employeur, il aurait été torturé, notamment par des décharges électriques.

“Sa famille ne sait pas pourquoi Khoudaïberdy Allachov est détenu et n’a aucun contact avec lui. Inquiète de la situation de cet ancien journaliste dans l’un des pays les plus fermés au monde, sans doute persécuté pour ses publications passées et soumis à des violences, RSF demande sa libération immédiate.

Jeanne Cavelier
Responsable du Bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF

Ce n’est pas la première fois que Khoudaïberdy Allachov est la cible des autorités turkmènes. Il a été arrêté avec sa mère en décembre 2016, puis condamné à trois ans de prison pour possession de tabac à chiquer. À la suite des pressions de diplomates étrangers et d'organisations internationales, il a été libéré en février 2017. Malgré son retrait du journalisme, Khoudaïberdy Allachov a continué à subir des visites régulières et violentes à son domicile par les forces de l’ordre. Il a notamment été arrêté en octobre 2019 après des publications de Radio Azatlyk sur des pénuries à Dachogouze. 

Une autre ancienne correspondante de Radio Azatlyk, Soltan Achilova, est régulièrement soumise à des violences et pressions de la part des autorités. La photojournaliste de 74 ans a été empêchée de quitter le Turkménistan le 21 novembre dernier : un fonctionnaire des douanes a mouillé son passeport avec un chiffon humide afin de le déclarer non valide. Lauréate du prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits humains, elle devait se rendre en Suisse et prendre la parole dans le cadre de la “Semaine des droits humains” organisée à Genève, un événement auquel était associée la section suisse de RSF.

Le Turkménistan pointe à la 176e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2023. Les journaux, la radio, la télévision et internet sont contrôlés strictement par l'État, et l’information vise uniquement à faire l’éloge du régime, tandis que les médias indépendants et d’opposition travaillent en exil.

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Publié le
Mise à jour le 11.12.2023