Rapports

29 novembre 2019 - Mis à jour le 18 décembre 2019

Rapport RSF : censure et surveillance en ligne en Russie

Reporters sans frontières (RSF) révèle dans son rapport sur la censure et la surveillance sur internet en Russie, comment Moscou a restreint de manière systématique la liberté de la presse et la liberté d’expression sur internet ces dernières années, en se focalisant de plus en plus sur des plateformes internationales comme Google, Facebook et Twitter.

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Dans le rapport intitulé "Prise de contrôle ? La censure et la surveillance sur internet en Russie", RSF retrace le développement de la censure sur internet dans ce pays depuis les manifestations de masse contre Vladimir Poutine en 2011/2012. Le rapport documente les nombreuses lois adoptées depuis cette époque et qui visent à bannir certains contenus, à augmenter le contrôle du flux de données et à empêcher les communications anonymes en ligne. Il montre la manière dont les structures éditoriales critiques sont mises sous pression et comment les autorités tentent de museler les journalistes individuels et les blogueurs. Le rapport décrit également le système de surveillance généralisée mis en place par la Russie à travers SORM et fournit des informations sur les nouveaux médias internet qui, envers et contre tout, rendent compte des maux sociétaux.

 

RSF analyse aussi la pertinence de plateformes internationales comme Google, Facebook et Twitter en matière de liberté d’expression en Russie et les interpellent pour qu’elles adoptent une position claire face à un gouvernement qui viole de manière systématique la liberté de la presse et la liberté d’expression. Ces sociétés doivent se montrer intraitables en matière de droits humains et s’engager à résister à toute exigence formulée par les États pour censurer l’internet ou pour contrôler des contenus empiétant sur les droits humains. Cela concerne en particulier les demandes effectuées par les autorités russes d’effacement ou d’interdiction de diffusion de certains contenus, à l’exception des cas où c’est un tribunal indépendant qui l’exige ou que le contenu enfreint les droits humains.

 

"En mettant en œuvre un contrôle généralisé de la population sans répondre à une cause juste, le gouvernement russe viole de manière flagrante les droits humains comme celui de la confidentialité ou de la liberté de la presse, déclare Christian Mihr, directeur de Reporters sans frontières Allemagne, à Berlin. Dans ce contexte, les plateformes internationales telles Google, Facebook et Twitter doivent adopter une position claire. Elles doivent cesser de collaborer avec les autorités russes, de conserver les données personnelles des utilisateurs en Russie ou de bloquer certains contenus, ce qui équivaut à remplir la fonction de censeur à sa place. En tant qu’hôte, cette année, du Forum sur la gouvernance de l’internet, le gouvernement allemand est tenu de faire tout ce qui est en son pouvoir pour contrer les tentatives de la Russie de fragmenter l’internet en réseaux plus ou moins distincts contrôlés par l’État."

 

Le rapport décrit le système russe de contrôle de masse, documente les cas d’individus emprisonnés en raison de leurs activités en ligne et débat de la question de savoir dans quelle mesure la "loi sur la souveraineté de l’internet" russe, entrée en vigueur le 1er novembre, est même susceptible d’être mise en œuvre compte tenu de la technologie disponible actuellement.

  

La Russie occupe le 149e rang sur 180 pays dans le Classement de la liberté de la presse 2019 de RSF.

 

Lire le rapport (en anglais)