Mauritanie

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Un blogueur enfin libéré, la liberté de la presse toujours menacée

Le nouveau président mauritanien Mohamed Ould El-Ghazaouani élu en 2019 va-t-il mettre fin à la dégringolade de la Mauritanie au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF ? À quelques jours de la passation de pouvoir avec son prédécesseur, le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed Mkhaïtir a enfin été libéré. Initialement condamné à la peine de mort pour « apostasie » avant que sa peine ne soit commuée à deux ans d'emprisonnement en 2017, il était depuis lors maintenu en prison en dehors de toute procédure légale. En tout, il aura passé cinq ans et demi en détention, le plus souvent à l'isolement total et sans aucun accès à sa famille ou à ses avocats. Cette libération ne suffit pas à rassurer sur l'état de la liberté de la presse dans le pays. Quelques semaines plus tôt, plusieurs journalistes et blogueurs critiques du pouvoir avaient été arrêtés, et internet avait été coupé pendant 11 jours en marge de l'élection présidentielle. Par peur de représailles, l’essentiel des journalistes s’autocensurent quand ils doivent couvrir la corruption, les militaires, l’islam ou l’esclavage – qui existe encore dans ce pays. Ce dernier sujet est particulièrement tabou. En 2018, les autorités n’ont pas hésité à expulser, pour la deuxième fois en un an, un journaliste étranger qui enquêtait sur cette pratique. La censure est renforcée par les pressions financières. Cinq chaînes de télévision et de radios privées avaient été suspendues pour raisons fiscales en octobre 2017.Depuis 2014, la Mauritanie connaît une forte régression en matière de liberté de la presse, contrairement aux grandes avancées que le pays avait réussi à réaliser les années précédentes. Un projet de loi qui punit de peine de mort l’apostasie et le blasphème, même en cas de repentir, a été adopté. Ce durcissement est survenu après que le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed Mkhaïtir, alors en détention depuis près de trois ans, a vu sa condamnation à la peine capitale commuée en une peine de deux ans d’emprisonnement. Censé être libérable depuis novembre 2017, il est néanmoins maintenu en détention secrète. Par peur de représailles, l’essentiel des journalistes s’autocensurent quand ils doivent couvrir la corruption, les militaires, l’islam ou l’esclavage – qui existe encore dans ce pays. Ce dernier sujet est particulièrement tabou. En 2018, les autorités n’ont pas hésité à expulser, pour la deuxième fois en un an, un journaliste étranger qui enquêtait sur cette pratique. La censure est renforcée par les pressions financières. Cinq chaînes de télévision et de radios privées avaient été suspendues pour raisons fiscales en octobre 2017.

97
au Classement mondial de la liberté de la presse 2020

Classement

-3

94 en 2019

Score global

+0,89

31,65 en 2019

  • 0
    journalistes tués en 2020
  • 0
    journalistes citoyens tués en 2020
  • 0
    collaborateurs tués en 2020
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