Les autorités musellent et emprisonnent encore et toujours les journalistes

Le 30 juillet 2009, le tribunal du district de Toylok, qui dépend de la province de Samarcande (sud du pays), a condamné Dilmurod Sayid (photo Ferghana.ru), journaliste indépendant, à une peine de prison de 12 ans et demi pour « extorction» et « production de faux documents ». Or selon son avocat, Ruhiddin Kamilov, la cour ne dispose pas de preuves suffisantes à l’encontre du journaliste qui a toujours clamé son innocence. De plus, le procès s’est déroulé à huis-clos. « Nous sommes indignés par cette lourde peine infligée à Dilmurod Sayid à l’issue d’un procès non équitable. Nous insistons auprès des autorités ouzbeks pour qu’elles libèrent le journaliste. Les motifs utilisés pour le condamner ne sont qu’un prétexte », a déclaré l’organisation. « Dilmurod Sayid est le 8e journaliste ouzbek derrière les barreaux. Aux yeux de notre organisation les véritables motifs de la condamnation de Dilmurod Sayid ne sont pas ceux exprimés officiellement par la cour, mais bien ses activités professionnelles. Son cas rappelle celui de Solidzhon Abdurakhmanov, journaliste condamné en 2008 à 10 ans de prison pour « usage et trafic de drogue», a poursuivi Reporters sans frontières. Dilmurod Sayid avait été arrêté par des fonctionnaires du bureau du procureur de Samarcande le 22 février 2009 après avoir été dénoncé aux autorités par une femme qui l’accusait d’avoir extorqué une importante somme d’argent (de 5 000 à 6 000 dollars US) à un homme d’affaires de la région de Samarcande. Initialement détenu à Tashkent, il a ensuite été transféré à Samarcande. Selon les accusations de cette femme, le journaliste aurait proposé à l’homme d’affaires de ne pas écrire d’articles critiques à son encontre en échange de cette somme argent. Avant de devenir journaliste indépendant et membre de l’ONG ouzbek Ezgulik, qui défend les droits des fermiers dans le pays, Dilmurod Sayid a travaillé pour de nombreux journaux, notamment Advokat-Press, Darachki, et Kihslok Hayoti. Il était connu pour ses articles critiques à l’encontre du gouvernement, en particulier des autorités de Samarcande qu’il accusait d’appauvrir les agriculteurs de la région. L’Ouzbékistan occupe la 162e place sur 173 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2008.
Publié le
Mise à jour le 20.01.2016