Chine : un service en ligne pour “former” les journalistes à la propagande du régime, nouvel outil d’endoctrinement et de contrainte

Reporters sans frontières (RSF) alerte sur une nouvelle menace sur la liberté de la presse en Chine : un service pour smartphone destiné à "former", voire évaluer, les journalistes sur la propagande du régime et à les "aider" à réussir l’examen de fidélité au dirigeant chinois Xi Jinping vient d’être lancé.

 

L'Association des journalistes de Chine (ACJA), une organisation contrôlée par le Parti communiste chinois (PCC), a lancé un service en ligne conçu pour "former" les professionnels des médias à la "vision marxiste du journalisme", un concept qui définit la doctrine du PCC sur les médias. Il est disponible sur smartphone via la plateforme WeChat.

Le service, disponible depuis le 30 juin, rassemble au moins 220 cours en ligne, et vise à "aider" les journalistes à réussir l’examen de fidélité au dirigeant chinois Xi Jinping, qui est obligatoire depuis 2019 pour l’obtention ou le renouvellement de la carte de presse. Permettant de suivre les progrès de ses utilisateurs, il peut délivrer des attestations de formation, et pourrait aussi être utilisé par les médias pour effectuer des évaluations annuelles des journalistes.

“Au cours de la décennie passée, le régime chinois a mené une véritable croisade contre la liberté de la presse et le droit à l'information, et ce nouveau programme pour smartphone est un outil de plus pour endoctriner et contraindre les journalistes à adopter les discours d'État. La communauté internationale doit accroître sa pression sur le régime chinois afin de l’empêcher de poursuivre ses politiques répressives et pour qu’il rétablisse la liberté de la presse, telle qu’inscrite dans la Constitution du pays.

Cédric Alviani
Directeur du bureau Asie de l’Est de RSF

En 2019, le régime avait déjà lancé une application de propagande sur smartphone accessible au grand public, intitulée "Étudier Xi, renforcer le pays", qui a aussi été utilisée pour évaluer la fidélité des journalistes au régime et leur connaissance du discours officiel.
Depuis son accession au pouvoir en 2012, le dirigeant chinois Xi Jinping a considérablement renforcé le contrôle sur les médias d’État chinois, dont on attend aujourd’hui qu’ils “reflètent la volonté du Parti”, tout en instaurant une violente répression contre les journalistes indépendants. Ceux-ci subissent une censure et une surveillance en ligne sans précédent,  comme le révèle le rapport de RSF Le Grand Bond en arrière du journalisme en Chine.

Pour soutenir les journalists travaillant sur la Chine, RSF a lancé en 2021 le site web training.rsf.org, qui présente les meilleures pratiques en matière de sécurité physique, de sécurité numérique, de santé mentale et de journalisme, en complément de son ambitieux programme de renforcement des capacités et d'assistance qui a déjà bénéficié à plus de 500 journalistes couvrant le pays.

La Chine occupe le 179e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2023. Elle constitue la plus grande prison au monde pour les journalistes et les défenseurs de la presse.

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