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7 mai 2018 - Mis à jour le 8 mai 2018

Violences policières contre les journalistes en Russie : RSF dénonce une “banalisation de la violence”

Crédit : Maxim Zmeyev / AFP
Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement les violences contre les journalistes qui ont émaillé les manifestations d’opposition du 5 mai 2018 en Russie. L’organisation dénombre pas moins de 15 interpellations et 11 agressions de la part des forces de l’ordre et de leurs auxiliaires.

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Pas moins de 11 agressions et 15 interpellations à Moscou, Saint-Pétersbourg, Tcheliabinsk, Samara, Krasnoïarsk et Iakoutsk. Les journalistes ont à nouveau payé le prix fort pour couvrir les manifestations d’opposition du 5 mai en Russie (voir la liste ci-dessous).


Au même titre que les manifestants, les professionnels des médias ont été confrontés à un déferlement de violence. Plusieurs ont été délibérément brutalisés après s’être clairement identifiés. Plus inquiétant encore : les brutalités commises par des milices paramilitaires en uniforme cosaque et des militants ultranationalistes du “Mouvement de libération nationale” (NOD), sans que la police n’intervienne. Une impunité qui suggère une autorisation en haut lieu.


“Nous sommes profondément inquiets de cette banalisation de la violence, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF. Il est inadmissible que des policiers attaquent des journalistes en train de faire leur travail et ne les protègent pas face à des groupes violents. Les agressions délibérées ne doivent pas rester sans conséquences.”


Maigre consolation : les interpellations ont généralement pris fin rapidement et, à la connaissance de RSF, aucun journaliste n’a été placé en garde à vue et inculpé. Un progrès par rapport aux pratiques devenues récurrentes ces derniers temps.


Bravant l’absence d’autorisation, des milliers de manifestants ont défilé le 5 mai dans de nombreuses villes de Russie, pour protester contre l’investiture de Vladimir Poutine deux jours plus tard. Des rassemblements lancés par l’opposant Alexeï Navalny, avec le slogan : “Il n’est pas notre Tsar !” Plus de 1600 personnes ont été interpellées à travers tout le pays, d’après le site d’information spécialisé OVD-Info.


La Russie occupe la 148e place sur 180 au Classement mondial 2018 de la liberté de la presse, publié par RSF.



Journalistes agressés :

  • Alexeï Alexandrov (Current Time TV)
  • Maria Dolbich (FlashNord)
  • Naïl Fattakhov (Znak.com)
  • Roman Golovanov (Komsomolskaïa Pravda)
  • Mikhaïl Grebenchtchikov (Novaïa Gazeta)
  • Mikhaïl Komadovski (DW)
  • Evgueny Razoumny (Vedomosti)
  • Alexandre Skrylnykov (MBKh Media)
  • Eva Terskaïa (Zasekin.ru)
  • Arseny Vesnine (Echo de Moscou)
  • Ivan Zaloznykh (FederalPress)

Journalistes interpellés :

  • Alexeï Alexandrov (Current Time TV)
  • Alexandra Antioufeeva (Daily Storm)
  • Almadji Boudaïev (Iakoutia)
  • David Frenkel (Mediazona)
  • Oksana Gandziouk (Dojd TV)
  • Ilia Gorchkov (Daily Storm)
  • Mikhaïl Grebenchtchikov (Novaïa Gazeta)
  • Iakov Kalinine (7 Kanal)
  • Egor Karpov (Gnous)
  • Alexandre Makarov (Gnous)
  • Mikhaïl Nad (Dojd TV)
  • Zosya Rodkevitch (Radio Svoboda)
  • Evgueni Razoumny (Vedomosti)
  • Tatiana Tsipouchtanova (Fontanka)
  • Arseny Vesnine (Echo de Moscou)