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21 août 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une peine de 35 ans de prison prononcée contre Bradley Manning


Reporters sans frontières dénonce la condamnation du soldat Bradley Manning à 35 ans de prison, ce 21 août 2013. Cinq chefs d’accusation pour “espionnage” et cinq autres pour “vol” avaient été retenus par la justice militaire. L’administration Obama, qui souhaitait faire un exemple, a été entendue. Reporters sans frontières espère que cette peine sera levée en appel.

“Après la traque d’Edward Snowden, la condamnation disproportionnée de Bradley Manning porte un nouveau coup aux lanceurs d’alerte (whistleblowers), dont elle souligne la vulnérabilité. L’armée américaine leur envoie un message clair, tout comme aux journalistes qui se risqueraient à publier leurs révélations : les États-Unis réprimeront durement toute révélation d’informations d’intérêt général concernant ses prérogatives régaliennes. Il s’agit d’une atteinte directe au bon fonctionnement de la démocratie américaine, dont la presse devrait pouvoir librement dénoncer les dysfonctionnements. La menace de telles sanctions risque de compromettre sa capacité à remplir cette tâche fondamentale de contre-pouvoir”, a déclaré Reporters sans frontières.

Edward Snowden, informaticien sous-traitant de la NSA à l’origine des fuites révélées par le Guardian sur les pratiques de surveillance de l’agence américaine, sait désormais à quoi s’en tenir. La condamnation de Bradley Manning, prononcée au terme de plus de trois ans de détention provisoire dans des conditions extrêmement difficiles, et d’un procès peu équitable, est le dernier développement en date de l'offensive menée par l’administration Obama et son homologue britannique contre les lanceurs d’alerte. Offensive potentiellement lourde de conséquences pour la protection du droit à l’information.