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29 mars 2018 - Mis à jour le 23 août 2019

Un journaliste pakistanais abattu par un homme politique local

Zeeshan Ashraf Butt était président du Club de presse de la ville de Sambrial (photo : Ijaz Ahmad Mughal).
Un journaliste pakistanais a été tué par balles lors d’une altercation avec un homme politique, mardi 27 mars, dans l’est du pays. Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement cet assassinat et appelle les autorités pakistanaises à arrêter immédiatement les suspects.

Tué pour avoir voulu poser des questions : le journaliste Zeeshan Ashraf Butt, 29 ans, a été abattu par balles mardi dernier, alors qu’il tentait d’interviewer Imran Cheema, le président du conseil communal de Begowala, une localité située dans l’est de la province pakistanaise du Pendjab. Le journaliste, qui travaillait pour le journal en ourdou Nawa-i-Waqt, a été abattu par l’édile devant les locaux du conseil communal. Zeeshan Ashraf Butt est mort sur le coup.


Selon la famille de la victime, le jeune journaliste, ancien président du Club de la presse de la ville de Sambrial, s’était rendu à Begowala afin d’enquêter sur une nouvelle taxe imposée par Imran Cheema aux commerçants de la commune. Le frère de la victime précise que le président du conseil communal, rendu furieux par les questions du journaliste, l’a abattu avant de prendre la fuite. Une enquête a été ouverte par la police locale.


“Nous appelons le ministère public du Pendjab à superviser l’enquête de près pour en garantir la parfaite indépendance et faire toute la lumière sur ce drame, affirme Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous réclamons aussi la mise en place de structures et de magistrats spécialement dédiées à la protection des reporters et à la lutte contre l’impunité, comme des centres de sûreté et des procureurs spéciaux, à l’échelle régionale comme au niveau fédéral. Le question de la sécurité des journalistes doit être placée au cœur de la campagne des prochaines élections générales, prévues d’ici quelques mois.”


Au Pakistan, les journalistes sont régulièrement la cible de violences, d’enlèvements et d’intimidations par les services de renseignement et l’armée. De nombreux meurtres de journalistes, qui restent impunis, font du Pakistan, notamment la région du Pendjab, un des endroits les plus dangereux pour la profession, contraignant les quelques voix critiques du système politique pakistanais à quitter le pays, comme le journaliste Taha Siddiqui, qui a échappé in extremis à une tentative d’enlèvement en janvier dernier.


Le Pakistan se situe à la 139ème sur 180 pays dans l’édition 2017 du Classement mondial pour la liberté de la presse établi par RSF.