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17 août 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste d'origine kurde incarcéré


Reporters sans frontières s'inquiète de l'arrestation arbitraire d'un journaliste d'origine kurde, Birol Duru, correspondant de l'agence de presse prokurde DIHA, interpellé le 10 août. Le tribunal départemental de Bingöl (est du pays) doit statuer sur son sort.
Birol Duru, correspondant de l'agence de presse prokurde DIHA (Tigre), ainsi que Daimi Açig, membre de l'Association turque des droits de l'homme (IHD), ont été interpellés le 10 août 2005 par la gendarmerie, dans une maison du village de Dibarbey, (province de Bingöl, est de la Turquie), puis incarcérés à la prison de Bingöl. Le journaliste est accusé d'avoir en sa possession des images de militants d'un groupe lié au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). « Nous sommes très inquiets de cette nouvelle attaque contre la liberté de la presse en Turquie ; il s'agit du deuxième cas d'arrestation arbitraire de journalistes dans ce pays en moins de deux semaines. Nous dénonçons fermement cette incarcération et demandons la libération immédiate de Birol Duru et de Daimi Açig. » Lorsqu'il a été interpellé, le journaliste enquêtait sur la culture du cannabis à Bingöl, un trafic dans lequel le commandant de la gendarmerie de Yedisu, Ahmet Yanaral, est soupçonné d'être impliqué. Birol Duru et Daimi Açig ont été incarcérés pour « collaboration avec le PKK », après avoir été entendus le 12 août par le procureur et le tribunal de Karliova. Le journaliste pense être victime d'un complot. En effet, il avait porté plainte pour menaces, il y a quelque temps, contre l'officier Yanaral. Ce dernier l'avait menacé de se venger. Le 15 août, maître Serhat Atli, avocat des deux hommes, a demandé l'annulation de la décision d'incarcération devant le tribunal départemental de Bingöl. Cette instance doit décider, le 19 août, du sort du journaliste et de l'activiste qui l'accompagnait. L'agence DIHA ainsi que l'avocat du journaliste affirment également qu'il s'agit d'un complot de la part des autorités régionales. Selon eux, ces arrestations sont illégales car « le procès-verbal sur ce qui a été découvert dans le sac du journaliste n'a pas été dressé en la présence d'un témoin et les éléments pour décider d'une incarcération ne sont pas réunis. ».