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4 mars 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste abattu à Khulna


RSF a exprimé son indignation et a demandé une enquête "sérieuse et exhaustive"après le meurtre du journaliste Sheikh Harun-ur-Rashid.
Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Altaf Hossain Chowdhury, Reporters sans frontières (RSF) a exprimé son indignation après le meurtre de Sheikh Harun-ur-Rashid, correspondant du quotidien Dainik Purbanchal à Khulna (sud-ouest du pays). "L'impunité dont jouissent les assassins et leurs commanditaires dans cette région du pays ne peut qu'encourager les attaques contre les journalistes", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. L'organisation de défense de la presse a demandé au ministre de l'Intérieur d'ouvrir une enquête "sérieuse et exhaustive" afin d'établir les raisons de ce meurtre, d'identifier les coupables et de les sanctionner. Selon les informations recueillies par RSF, Harun-ur-Rashid, journaliste pour le quotidien local Dainik Purbanchal, a été assassiné le 2 mars 2002 alors qu'il se rendait à moto au siège de son journal à Khulna (sud de Dhaka). Le journaliste, âgé de quarante-quatre ans, a été abattu sur la route reliant Khulna à Jessore, à environ un kilomètre de son domicile. Ses poumons ont été perforés par les balles. La police de Khulna a affirmé avoir arrêté trois suspects. Journaliste expérimenté, Harun-ur-Rashid avait rejoint le quotidien Dainik Purbanchal dans les années 80. Il avait notamment enquêté sur l'extrême gauche et les affaires de crime organisé dans la région. Menacé de mort à plusieurs reprises, il continuait pourtant d'écrire des articles sur les trafics d'armes et de drogues opérés à la frontière indo-bangladeshi, dans lesquels l'organisation socialiste Purba Bangla Sharbahara Party était impliquée. Il avait déjà été arrêté par les autorités en 1987 en vertu de l'ordonnance de 1974, puis relâché après l'intervention de ses confrères. Harun-ur-Rashid est le deuxième journaliste tué à Khulna en deux ans. Depuis 1996, huit journalistes ont été tués par des militants d'extrême gauche dans le sud-ouest du Bangladesh, une région connue pour ses factions extrémistes financées par le crime organisé.